Michael Bartholomew : "Bruxelles doit cesser d'imposer la concurrence dans les télécoms"

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La Commissaire européenne à la Société de l'information, Viviane Reding, souligne la possibilité de scinder les opérateurs historiques, afin d'isoler la gestion de leurs réseaux et de mieux les ouvrir à la concurrence. Qu'en pensez-vous ?Une telle mesure aurait un impact considérable sur les entreprises et pourrait affaiblir durablement la compétitivité européenne. C'est le contraire d'une incitation à l'investissement. Pourquoi les nouveaux entrants investiraient-ils dans leurs propres réseaux, s'ils bénéficient d'emblée des investissements des principaux opérateurs ? Avec une telle annonce, Mme Reding n'a qu'une idée en tête : faire la "une". Elle se targue d'une démarche participative. Mais lorsque nous l'avons rencontré, avec de nombreux PDG du secteur, il y a dix jours, elle n'a pas soufflé mot de cette idée. Et pour cause : elle sait que cette séparation structurelle est quasiment impossible.Faut-il, comme le veut Bruxelles, plus de concurrence pour favoriser l'investissement ?Nous plaidons pour une saine concurrence. C'est elle qui guide aujourd'hui le marché. Elle est désormais suffisante. Il faut donc cesser de l'imposer, a priori et de façon réglementaire, aux opérateurs les plus importants, comme le veut Bruxelles. Viviane Reding souffre d'un manque fondamental de compréhension du secteur. Elle parle de monopoles ou de remonopolisation d'activités. Or, cela n'existe plus, tant la concurrence est omniprésente et multiforme. Notre secteur a, en revanche, besoin de grandes entreprises : notre activité nécessite des capitaux, des économies d'échelle et des capacités d'innovation.La Commission veut diminuer le nombre de domaines (téléphonie fixe, mobile, etc.) où la libéralisation est imposée a priori. N'est-ce pas une bonne chose ?De nouveaux secteurs, comme les SMS, pourraient être soumis à cette réglementation. Notre sentiment est donc mitigé. Nous continuons d'exiger la suppression progressive de tout encadrement a priori, afin que les lois du marché s'appliquent.(*) Michael Bartholomew est directeur de l'association d'opérateurs européens, Etno. L'European Telecommunications Network Operators, compte France Télécom, British Telecom ou Deutsche Telekom parmi ses membres.

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