De lourds défis à relever pour UniCredit

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Un pied en Europe de l'Ouest, l'autre en Europe de l'Est... Le nouveau colosse né de l'acquisition de la bavaroise HypoVereinsbank (HVB) par l'italienne Unicredit sera incontournable dans la plupart des 19 marchés où il opérera. "Le concept est d'allier une très forte présence là où sont les richesses [Italie du Nord, Bavière, Autriche, Ndlr] et un très fort positionnement là où est la croissance", c'est-à-dire à l'Est, expliquait hier matin à Milan, Alessandro Profumo, PDG d'Unicredit et futur patron du groupe italo-allemand. Si Dieter Rampl, président du directoire d'HVB, et son alter ego italien ont répété à l'envi que leur groupe sera "le leader inégalé sur les marchés est-européens en forte croissance" mais ne représentant, pour l'heure que 15 % de leur chiffre d'affaires combiné, ils ont été moins diserts sur leurs activités en Allemagne et en Italie, deux économies abonnées à une faible croissance, ces dernières années. "Je suis persuadé que les activités allemandes dans cinq ans seront plus importantes qu'aujourd'hui", a toutefois reconnu le patron italien en présentant le projet devant la presse à Munich, hier après-midi. "Nous allons devenir plus agressifs pour croître vite, acquérir de nouveaux clients, gagner des parts de marché même en Italie et en Autriche", a-t-il ajouté, précisant bien que l'Allemagne était un axe stratégique, pour rassurer ceux qui croient qu'il veut s'en délester.De fait, les observateurs italiens scrutent avec inquiétude le portefeuille de crédits de la mariée allemande, habituée à de vastes dépréciations de ses actifs. "Il n'y a rien qui nous inquiète, après la due diligence effectuée par Deloitte", a indiqué Alessandro Profumo. Le directeur financier d'HVB, Wolfgang Sprissler, a cependant lâché que les mois d'avril et mai avaient été "un peu difficiles". Mais l'italien a bien assuré qu'une fois l'opération réalisée, "la discipline financière sera le mot-clé et, de ce point de vue, nous serons très stricts en terme de gestion de l'allocation de capital".Les objectifs financiers sont ambitieux en raison des économies d'échelle espérées. Le nouveau Unicredit veut atteindre un bénéfice net de 6 milliards en 2007 et un résultat opérationnel de 11,8 milliards. Le coefficient d'exploitation doit descendre de 61 % à 51 % en 2007, le but que s'était fixé UniCredit à l'automne hors l'intégration d'HVB qui dépense près de 70 euros pour en gagner 100... Le groupe veut surtout relever le niveau des fonds propres durs qui passeront de 5,3 % en 2005 à 6,4 % en 2007.9.000 postes sur la sellette. Au total, 9.000 postes vont faire les frais de l'opération, mais les dirigeants estiment qu'il ne sera pas nécessaire de procéder à des licenciements secs, au moins sur les trois grands marchés du groupe. Ces réductions de coûts correspondent à 895 millions d'économies, dont une moitié dans la banque de détail et la banque d'entreprises liées à la centralisation des produits et des opérations de back-office. Mais l'enjeu se situe sur le terrain. "Le problème est d'être capable d'adapter le modèle à différents marchés", reconnaît Alessandro Profumo. En maintenant les entités HVB et Bank Austria, il mise sur une "approche multi-locale", à l'image des directions décentralisées d'UniCredit réparties entre Milan, Bologne et Vérone. "L'intégration de cultures est clairement le plus gros défi, mais nous avons chacun de notre côté l'expérience des fusions", a-t-il insisté.Reste à savoir s'il ne devra pas céder des participations en Pologne et en Croatie où il détient des positions fortes. Dans ce dernier pays notamment, UniCredit n'exclut pas d'avoir à faire des choix.Frank-Paul Weber, à Milan, et Bénédicte de Peretti, à Munich

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