"La décrue de la clientèle en France est enrayée"

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Que pensez vous de la performance pour le moins modeste de l'action Club Med ?- Je ne commente jamais le cours de Bourse. Il était à 20 euros il y a trois ans. Aujourd'hui, il se situe à 37,90. Néanmoins, je me contenterai de vous signaler que les immobilisations corporelles aux normes IFRS, nettes de dettes, représentent à peu près 32 euros par action. Et la marque a été valorisée par un cabinet de consultants anglais, entre 16 et 18 euros l'action.Vous êtes en train d'effectuer un programme de cessions d'actifs. Selon vous, vaut-il mieux être propriétaire ou locataire ?- Depuis trois à cinq ans, nous avons adapté notre parc de villages à notre stratégie. En cinq ans, nous avons rénové 70 villages pour un montant de l'ordre de 1 milliard d'euros ; nous avons ouvert une vingtaine de nouveaux villages ; nous avons monté en gamme une vingtaine d'autres. Nous en avons fermé ou vendu cinquante. Nous avons la chance de nous trouver dans un marché immobilier dynamique avec des acteurs qui, aujourd'hui, veulent investir dans les actifs touristiques.La montée en gamme du Club se traduit toujours pour l'instant par une baisse du nombre de clients en Europe. Pensez-vous pouvoir l'enrayer ?- Nous avons enrayé la décrue en France l'été dernier. Notre chiffre d'affaires dans l'Hexagone a progressé de 9,1 %, ce qui est très favorable. C'est la première fois depuis quatre ans. Nous nous sommes fixé comme objectif de reconquérir un certain nombre de clients qui avaient été déçus par le fait que le Club Med n'avait pas le niveau de confort et de prestations qu'ils attendaient. Sur l'été, nous avons observé - et c'est encourageant - que nous étions en train de regagner ces clients. Donc, il y a tout normalement une phase de transition. J'ai confiance en l'avenir, car nous observons que le marché haut de gamme progresse plus vite que le reste. Aujourd'hui, quand on observe par exemple le niveau de nos prix, nous sommes le plus accessible des hôtels de grande qualité.Vos profits se font l'hiver. Comment expliquez-vous cette saisonnalité et comment va-t-elle évoluer ?- Elle résulte du fait que nos activités de ski (40 % du chiffre d'affaires hiver en Europe, Ndlr) revêtent un caractère régulier, moins sensibles à des événements internationaux, et ont une bonne profitabilité. Deuxième élément, en hiver, nous avons l'activité américaine qui gagne beaucoup d'argent car c'est la saison haute dans cette partie du monde. Enfin, en Europe, les gens voyagent plus l'hiver en long-courrier. En sens inverse, sur l'été, mécaniquement, la zone américaine perd de l'argent. Et la zone Europe, à court terme, est pénalisée par la montée des coûts. Elle aura vocation à voir croître sa profitabilité en été.Vous avez été cité comme possible successeur de Jean-Marc Espalioux à la tête d'Accor. N'est-ce pas un handicap pour travailler avec la nouvelle équipe qui va arriver aux commandes de votre actionnaire de référence ?- Je ne le crois pas du tout. Bien sûr, j'ai déjà rencontré Serge Weinberg et Gilles Pélisson et nous sommes décidés à poursuivre et à accélérer la mise en oeuvre des synergies que nous avions définies.Donc, a priori, dans cette nouvelle équipe, vous ne percevez pas une volonté de remettre en cause la participation d'Accor dans le Club Med...- Non.Où en est votre stratégie de produits dérivés, qui s'est beaucoup atténuée ces derniers temps ?- Cela peut être un relais de croissance à moyen terme. Il est évident qu'une politique qui vous positionne sur le haut de gamme vous donne la possibilité de valoriser votre marque. Si vous êtes positionné sur le coeur de marché, c'est beaucoup plus difficile et cela offre beaucoup moins de potentiel. Donc nous allons y travailler.Propos recueillis par Héléna Dupuy et Nicole Triouleyre

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