L'avenir de la CNP n'a pas fini d'alimenter les débats

Un collaborateur du groupe Axa, Christian Gibot, polytechnicien et actuaire de son état, devrait rejoindre le cabinet d'Augustin de Romanet à la Caisse des dépôts. Et l'une de ses missions pourrait concerner la gestion des systèmes de retraite, l'une des grandes activités de la Caisse, coiffée par une direction spécifique. Des rumeurs persistantes circulent sur l'intérêt que porte le patron, d'Axa, Henri de Castries, à la CNP, dont la Caisse est actionnaire à 40 %. Le patron d'Axa serait assez enclin à faire entrer la CNP dans le giron de son groupe. À deux reprises, devant les rapporteurs du groupe de travail sur le plan stratégique et devant le comité de groupe de la Caisse, Augustin de Romanet a déclaré que, si des synergies entre la direction des retraites et la CNP n'apparaissaient pas clairement, il ne faudrait pas s'étonner que la compagnie d'assurances ne soit plus un jour ou l'autre dans l'orbite de la Caisse.Dans ce contexte, l'arrivée de Christian Gibot risque de relancer les spéculations sur l'avenir de la CNP. Tout en sachant que la cession partielle ou totale de la participation de la Caisse au groupe Axa n'est guère aisée à enclencher. Tout d'abord parce qu'un pacte d'actionnaires lie les différents actionnaires de la CNP : la Caisse des dépôts, Sopassure (holding détenu par La Poste et le groupe Caisse d'Épargne qui détient 35,48 % de la CNP) et l'État (1,09 % du capital). Or ce pacte, signé en mai 2006, dure jusqu'en 2015, tout comme les accords commerciaux avec l'Écureuil et La Poste qui commercialisent les contrats d'assurance de personnes de la CNP. Les pactes d'actionnaires peuvent voler en éclats. Mais si la Caisse voulait céder sa participation, elle devrait suivre le processus d'un appel d'offres. Les capitaux publics étant majoritaires au sein de la CNP, une cession de gré à gré est exclue. Et c'est sans compter le tollé que susciterait une vente de la CNP à Axa chez les assureurs français et notamment chez les mutualistes, s'ils étaient écartés du processus de vente. Enfin, il va sans dire que le dossier CNP a déjà pris une tournure très politique en raison des relations étroites qui existent entre le président de la République, Nicolas Sarkozy, et Henri de Castries. Une vente de la CNP à Axa serait vite taxée de faveur octroyée à un ami.

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