Restaurer les fonds propres au prix fort

Pour éviter que l'affolement suive l'annonce de ses pertes colossales, les dirigeants de Société Générale (SG) ont affirmé dès jeudi avoir mis en oeuvre une augmentation de capital de 5,5 milliards d'euros, garantie par Morgan Stanley et JP Morgan. Cette opération devrait intervenir au plus tard le 21 février, date de la publication officielle des résultats.Face au silence du président Daniel Bouton sur les conditions et les conséquences de cette restauration des fonds propres de SG, dont le ratio de fonds propres durs (tier one) a été ramené à 6,6 % par les pertes accumulées, les analystes apportent des réponses en ordre dispersé. Ils s'accordent toutefois sur la nécessité d'une forte décote pour que JP Morgan et Morgan Stanley, ayant apporté à SG une garantie de bonne fin de l'augmentation de capital, limitent le risque qu'elles encourent face aux difficultés de replacer le papier que ne souscriraient pas les anciens actionnaires. Un risque d'autant plus grand que le capital de SG est très disséminé et qu'aucun actionnaire présent dans son capital ne peut garantir avec sa participation à l'opération le succès de celle-ci. À ce jour, les soutiens de Groupama (2,97 % du capital) et la Caisse des dépôts (2,03 %) sont acquis.L'assurance donnée aux actionnaires du détachement d'un droit prioritaire de souscription (DPS) négociable permet d'offrir les actions nouvelles avec un fort discount. Comme le met en avant un analyste d'une banque anglo-saxonne, " les banques françaises sollicitent traditionnellement le marché avec une décote un peu supérieure à 10 % mais, dans ce cas d'espèce, compte tenu des incertitudes sur l'avenir du leadership de la SG sur les marchés dérivés, il faudra que le prix des actions nouvelles soit inférieur de 20 % à 25 % au cours coté par l'action Société Générale au moment du détachement du DPS ".Il y a pourtant une limite car une décote trop forte des actions nouvelles ramènerait la capitalisation boursière de la banque postérieurement à l'appel au marché à un niveau inférieur à ce qu'il était avant le détachement du DPS. Pour les analystes d'Oddo, de Natixis et de Lehman Brothers, un prix de 60 euros pour les actions proposées (soit la création de 92 millions de titres) s'impose. CM-CIC Securities situe ce prix dans une fourchette de 60 à 65 euros.

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