La chasse aux traders est ouverte dans les équipes de dérivés

La faiblesse d'un concurrent constitue souvent une bonne occasion de le fragiliser encore davantage. Ébranlée par une fraude qui lui a coûté 4,9 milliards d'euros, la Société Générale pourrait perdre aussi quelques talents. Dans son activité phare des dérivés actions, la chasse semble ouverte. " En interne, ils ont l'impression d'être attaqués par des vautours " , déclare avec malice une chasseuse de têtes. Depuis l'annonce de ses pertes, la banque est plus que jamais exposée aux tentatives de débauchage par ses concurrents. À Londres court la rumeur que les dirigeants de BNP Paribas auraient demandé à leurs équipes de recruter les meilleurs talents de la Société Générale dans les activités de dérivés actions. Pour les aider, les cabinets de recrutement n'ont pas tardé à décrocher leur téléphone. La chasse a commencé dès que la rumeur des pertes de la banque s'est répandue. " La veille de l'annonce, des banques ont commencé à m'appeler pour connaître les noms des très bons traders ", explique un chasseur de têtes. " Les équipes font l'objet d'appels incessants des recruteurs quand ce n'est pas des banquiers concurrents eux-mêmes ", ajoute-t-il.Ces pratiques sont habituelles dans le monde de la finance dès qu'un concurrent traverse une crise. Du coup, la Société Générale a réagi très vite. En interne, les équipes ont été mises en garde par la direction des ressources humaines. " Nous avons reçu des consignes par mail nous demandant de ne pas donner d'informations aux chasseurs de têtes qui nous appelleraient ", confie un de ses salariés. Mais la direction de l'établissement pourrait prendre d'autres dispositions. Dans un " chat " interne, son PDG, Daniel Bouton, assurait que " les mesures nécessaires seront prises et annoncées début février " pour retenir les talents des dérivés actions.Malgré ces premières tentatives de débauchage, la Société Générale ne subit pas d'hémorragie. Les traders, tentés de partir, doivent attendre quelques semaines encore. Le montant de leur bonus 2007 sera annoncé le 8 février. Mais le paiement ne sera effectué que fin mars. Un élément non négligeable pour retenir les équipes. Le versement des bonus pourrait d'ailleurs être crucial. Avec une perte de près de 5 milliards d'euros et seulement 700 millions de bénéfices estimés pour 2007, la banque dispose de très peu de cash pour récompenser ses traders. Elle pourrait choisir d'augmenter la part du bonus constituée d'actions Société Générale. Cette option a notamment été prise par les banques américaines touchées par la crise des subprimes. Un choix d'autant plus judicieux que le cours de la banque de Daniel Bouton a beaucoup chuté depuis plusieurs mois. Et même s'il a rebondi depuis une semaine, il reste peu élevé et offre un bon potentiel de plus-value. Cette solution comporterait toutefois un inconvénient. D'habitude, les titres sont bloqués pendant au moins trois ans, ce qui pourrait créer un obstacle pour les traders. Resterait à donner un peu plus de souplesse comme chez UBS qui a autorisé à ses banquiers de vendre leurs titres au bout d'un an.

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