La prudence de Ryanair pour l'exercice en cours rend perplexe

La Bourse ne s'intéresse qu'au futur. Ryanair a illustré ce dicton hier. La compagnie irlandaise à bas prix a publié de bons résultats semestriels, mais s'est montrée prudente pour le reste de l'exercice 2005-2006 (clos le 31 mars). Du coup, l'action a cédé 3,14 %, à 6,78 euros.Après une hausse de 3 % au premier semestre, le revenu moyen par passager - indicateur clé de la rentabilité - "devrait stagner au troisième trimestre, et baisser de 5 ou 10 % au dernier trimestre", prévient Neil Sorahan, l'un des responsables financiers. Tout simplement parce que les grandes compagnies comme Air France-KLM ne pourront indéfiniment augmenter leurs prix de vente afin de compenser le renchérissement du kérosène. Ryanair, qui "n'appliquera jamais de surcharges pétrole", risque donc de perdre une partie de son avantage concurrentiel au cours des prochains mois.Une réelle capacité. Mais, pour les analystes de Goodbody Stocbrokers comme pour ceux de NCB et de Davy, le business model de Ryanair n'est pas remis en cause. Au contraire. La capacité du groupe à rogner sur ses coûts lui a permis de solder le premier semestre par une hausse de 18 % de son bénéfice net, à 237 millions d'euros. Et ce malgré un doublement de sa facture de carburant, le groupe ne s'étant quasiment pas couvert contre la flambée du prix du pétrole.Pour le second semestre en revanche, 90 % des besoins en kérosène sont couverts, via l'achat de contrats à terme au prix de 49 dollars le baril. Et Ryanair élargira cette couverture si de nouvelles opportunités d'achat de contrats à bon marché se présentent. La compagnie en a les moyens : sa trésorerie nette s'élevait à 435 millions d'euros au 30 septembre. Aussi le transporteur ne démord-il pas de son objectif d'un bénéfice net de 295 millions d'euros pour l'exercice 2005-2006, en hausse de 10 %. Rien d'alarmant, donc. Le repli de l'action, hier, "résulte autant de prises de bénéfice que du [relatif] message de prudence de Ryanair", confirme Keith Bowman, analyste chez Hargreaves Lansdown Stockbrokers. Il est vrai que le titre s'est envolé de 40 % au cours des douze derniers mois, faisant de Ryanair la troisième capitalisation mondiale du secteur, avec 5,2 milliards d'euros.C. L.Japan Airlines lance une alerte sur ses résultatsPétrole hors de prix, problèmes de sécurité, chute du trafic vers la Chine... La première compagnie aérienne japonaise tombe de Charybde en Scylla. Au point d'avoir averti hier qu'elle finirait l'exercice 2005-2006 sur une perte nette de 47 milliards de yens (337,9 millions d'euros). Japan Airlines est ainsi à des années-lumière de son objectif initial d'un bénéfice de 17 milliards de yens. Au premier semestre déjà, la compagnie a accusé une perte nette de 12 milliards de yens, contre un bénéfice de 86,9 milliards un an auparavant.

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