Paris et Washington unis pour sanctionner l'Iran

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La pression s'accroît sur Pékin dans le dossier iranien dont l'Onu doit de nouveau se saisir très prochainement. Mardi, Barack Obama a réitéré son souhait qu'un régime de sanctions soit mis « en place dans quelques semaines » pour empêcher l'Iran d'acquérir l'arme atomique, ajoutant que Paris et Washington étaient « unis » et « inséparables ». « L'Iran ne peut continuer sa course folle », a renchéri Nicolas Sarkozy. Mais le président américain a été contraint de reconnaître qu'il n'y avait « pas encore » d'unanimité internationale sur les sanctions. Et pour cause : la Chine, partenaire clé du régime iranien, hésite toujours à s'engager dans la voie des sanctions. Ces derniers jours, les sollicitations se sont pourtant multipliées à l'adresse du régime chinois qui siège au Conseil permanent de sécurité où il dispose d'un droit de veto. Mardi les ministres des affaires étrangères du G8 ont affirmé vouloir franchir « un pas adapté et fort » démontrant la détermination de la communauté internationale contre le programme nucléaire iranien présenté par Téhéran comme civil. « Je suis optimiste sur le fait que nous allons vers un consensus au Conseil de sécurit頻, a martelé Hillary Clinton, la secrétaire d'état américaine. Sur le fond, la Chine est déterminée à agir en faveur de la non prolifération nucléaire, « importante pour la stabilité et la paix au Moyen-Orient », selon l'ambassadeur chinois à l'Onu, Li Baodong. Pékin a d'ailleurs déjà voté par le passé des résolutions sanctionnant le régime iranien. Mais l'équation n'est pas simple.Interdépendance En 2009, l'Iran formait avec l'Arabie saoudite et l'Angola le trio de tête des fournisseurs de pétrole de la Chine, représentant 47,7 % de ses importations totales. Avec 23,15 millions de tonnes d'or noir, l'Iran représentait à lui seul 11,3 % des importations d'énergie fossile dont l'empire du Milieu devient de plus en plus dépendant en raison de sa forte croissance. Et les liens d'affaires sino-iranien, tissés depuis la route de la soie, ne se limitent pas à l'énergie. « Pendant des années, et de manière plus limitée aujourd'hui, la Chine a apporté à l'Iran une assistance dans les domaines militaires et du nucléaire civil, lui fournissant technologies et savoir-faire », explique Corentin Brustlein, chercheur à l'Ifri. « Ces liens et les besoins iraniens de maintenance et de réapprovisionnement pourraient éventuellement servir de levier pour amener Téhéran à quelques concessions sur le dossier nucléaire », ajoute-t-il. Mais, pour l'instant, Pékin n'a pas cherché à s'en servir.

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