La crise rend le microcrédit incontournable

L'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie) organise du 1er au 5 juin la sixième « Semaine du microcrédit », un événement destiné à faire connaître le microcrédit au grand public et en particulier aux personnes à revenus modestes. En pleine crise économique, les associations ne sont plus les seules à s'intéresser à ce modèle de financement importé des pays du Sud. Les pouvoirs publics et les banques lui accordent une attention croissante. Et pour cause. Depuis 1989, l'Adie, qui s'adresse à des personnes qui n'ont pas accès au crédit bancaire et veulent se réinsérer en créant leur propre emploi, a octroyé plus de 80.000 microcrédits, permettant de financer plus de 65.000 entreprises et de créer plus de 78.000 emplois. De plus, le microcrédit professionnel - leur montant va de 500 à 6.000 euros - résiste plutôt bien à la crise. Si le taux de croissance de la production de crédits a été divisé par deux, il reste de 14 %, avec près de 15.000 microcrédits distribués en 2009. Une étude d'impact, réalisée auprès de 1.300 personnes ayant eu recours au microcrédit entre septembre 2006 et septembre 2008 et publiée cette semaine par l'Adie, révèle par ailleurs que les taux de pérennité à 2 et 3 ans des entrepreneurs financés par l'association ont progressé par rapport à 2007. « Ces taux sont très proches de la moyenne nationale : la réussite des micro-entrepreneurs aidés par l'Adie est comparable à celle des autres créateurs d'entreprise, malgré leur profil a priori plus fragile », indique cette étude. Le taux de pérennité à 2 ans des entreprises aidées par l'Adie est ainsi passé de 64,6 % en 2007 à 67,7 % en 2010 (par rapport à 70 % pour l'ensemble des entreprises individuelles). A 59,1 % à 3 ans, il se situe même au-dessus de la moyenne pour l'ensemble des entreprises individuelles. Le microcrédit se révèle également créateur d'emploi au-delà du seul entrepreneur individuel. « Outre celui du créateur, chaque entreprise pérenne crée en moyenne 0,4 emploi, contre 0,2 il y a 3 ans », affirme en effet l'association. Les effets de la crise n'en sont pas moins sensibles. Elle a aggravé les difficultés des entreprises non pérennes. La durée de vie de ces dernières est passée de 16,6 mois en 2007 à 14,3 mois en 2010. De même, en 2010, 31 % des entrepreneurs expliquaient leur cessation d'activité par la dégradation de la santé de l'entreprise, contre 20 % en 2007. « La pérennité des entreprises créées avec l'aide de l'Adie, bien qu'en augmentation, a été affectée par la crise », confirme l'association. n

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