PME, de mal en ETI

 |   |  365  mots
Comment rompre avec cette malédiction du « plafond de verre » qui entrave l'économie française ? Comment « sortir par le haut » de la désindustrialisation qui nous guette, enrayer la hausse du chômage, stopper le déclin du commerce extérieur ? Le diagnostic est connu. Les petites entreprises restent prédominantes dans les économies de l'Europe méditerranéenne, quand les moyennes et grandes font l'emploi et la création de richesse dans les pays du Nord. Les entreprises de plus de 250 salariés ne représentent que 0,1 % du total en Espagne et en Italie, et 0,2 % en France, contre 0,4 % en Grande-Bretagne et 0,5 % en Allemagne, où le Mittelstand fait de ce pays le deuxième exportateur mondial. Ce chaînon manquant entre PME et géants du CAC 40 mondialisés est l'une des causes essentielles du mal-être de l'économie française. Nicolas Sarkozy le sait, qui a fait de l'accroissement du nombre de ces entreprises, de 4.600 actuellement à 6.600 en 2012, l'un de ses objectifs. Il les a dotées d'un nom (les entreprises de taille intermédiaire, les ETI) et de critères (de 250 à 5.000 salariés ; un total de bilan n'excédant pas 2 milliards d'euros...). Mais jusqu'ici, l'essentiel de sa politique, comme celle de son prédécesseur, avec les lois Dutreil, s'est concentré sur les auto-entrepreneurs et les PME : plan PME de 2008, « small business act » à la française, pôles de compétitivité dont elles sont les partenaires... Les ETI ont bien bénéficié, au plus fort de la crise, de l'aide de la banque publique Oséo et de mesures pour leur permettre de trouver des financements. Mais, au-delà de l'urgence, rien n'a réellement changé pour elles. Leur cadre social, fiscal et réglementaire les entrave toujours. Elles ne bénéficient ni des facilités accordées aux PME, ni de l'agilité des groupes mondiaux. Les transmissions d'entreprises restent difficiles ; l'État n'a pas clarifié ses choix de spécialisation industrielle... Nicolas Sarkozy, en campagne, avait promis d'aller chercher la croissance avec les dents. Le chef de l'État n'a pas besoin de cela. Il lui suffit de donner aux ETI l'air qui leur manque. pagay@latribune.frpierre- angel gay

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :