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L'esquisse d'une nouvelle croissance

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Publié le 02 juillet 2010 à 09:28 - Mis à jour le 02 juillet 2010 à 09:28

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Souvenez-vous il y a un an, le Cercle des économistes dans sa déclaration d'Aix-en-Provence se démarquait nettement de la vision rassurante, inopérante et dangereuse du « business as usual ». Certes on pourrait nous reprocher de multiplier, été après été, les diagnostics alarmistes, les prévisions inquiétantes, l'annonce de lendemains qui ne chantent guère. Cela serait quelque peu injuste, à l'heure où l'on a, par ailleurs, amplement critiqué les économistes pour n'avoir rien perçu des fractures du monde, et rien vu venir de la crise financière de 2007 ni de la crise de l'économie réelle de 2009. Finalement, peu importe que nous ayons eu raison ou tort dans notre vision difficile de ce début de XXIe siècle. Nous avons simplement tenté d'éclairer ce qui restera comme la crise la plus complexe que le monde n'ait jamais connue, avec comme maîtres mots : compréhension, régulation, coordination.Nous avons beaucoup rêvé d'une rationalité qui s'imposerait à tous?: celle qui permettrait de corriger les excès de la financiarisation, de résorber les déséquilibres trop pesants des flux commerciaux entre grandes zones, de répartir équitablement les ressources rares et de favoriser un monde de connaissance et donc de qualification. Bien sûr, nous n'avions jamais pensé que la route serait aisée. Et nous ne sommes toujours pas capables de rebâtir une économie mondiale plus sereine, plus productive.En nous interrogeant sur les raisons de cette impuissance, nous étions arrivés à une conclusion assez simple?: il est extrêmement complexe de penser une nouvelle gouvernance mondiale sans avoir défini les contours de ce que sera la croissance du monde à venir. Loin de nous l'idée que la transition vers cette nouvelle trajectoire d'économie mondiale se fasse de manière très rapide. D'où l'horizon fixé pour ces Rencontres 2010, aussi ambitieuses qu'ouvertes?: « 2010-2015?: l'esquisse d'une nouvelle croissance ».Mais pour penser les nouveaux équilibres financiers, sociaux, politiques et géostratégiques, encore faut-il, avec méthode, poursuivre un cheminement méthodique. Pour dessiner les perspectives à long terme d'une nouvelle croissance, nous devrons répondre aux trois questions essentielles que doivent se poser aujourd'hui les responsables politiques et les économistes. Devons-nous considérer la période actuelle comme une phase très particulière de l'histoire, malgré notre tendance à considérer que celle-ci n'est qu'une succession de cycles?? Allons-nous retrouver les vieilles antiennes malthusiennes d'il y a presque deux siècles?? Malthus nous annonçait un monde économique fini et pensait à tort qu'il n'y aurait pas assez de ressources agricoles pour nourrir une population croissante. Décennie après décennie, on voit ressurgir les mêmes inquiétudes, réapparaître les mêmes peurs ancestrales sur les contraintes environnementales, avec à la clé une seule issue?: le ralentissement, voire l'arrêt net, de la croissance. Mais comment ignorer les centaines de milliers d'hommes et de femmes qui, au cours de ces deux dernières décennies, sont sortis de la pauvreté?? Et, enfin, l'histoire nous a révélé plus de conflits que de solutions pacifiques. Est-il malgré tout permis d'espérer un futur harmonieux?? Comment organiser des marchés de biens et services, de capitaux, de ressources rares et d'emplois, de telle sorte que chaque partie du monde se sente respectée, aidée et réellement partie prenante du monde à bâtir ?Nous examinerons aussi « les défis d'une nouvelle croissance »?: l'innovation, l'environnement, l'Europe, les institutions et la confiance, aussi bien que les nouveaux business modèles, la nouvelle finance, le monde numérique. Rien n'est aisé en la matière. Il faudra tenter de tracer la limite entre ce que nous savons, ce que nous pouvons imaginer de manière raisonnable et ce qui reste des domaines inexplorés.Conscients qu'il peut sembler paradoxal de s'interroger, non pas sur les sorties de crise mais sur l'après-sortie de crise, nous sommes convaincus que le rôle de l'économiste aujourd'hui est, plus que jamais, de se projeter dans l'avenir et surtout de proposer une organisation renouvelée des relations entre nations, blocs de nations et zones monétaires.Le premier élément de la déclaration de cette année consistera à rappeler qu'après-demain dicte demain et que, si nous avons tous tant le sentiment de tâtonner, voire de piétiner, c'est que nous ne nous sommes pas encore interrogés sur ce qui est le thème central des Rencontres économiques de cette année?: « À la recherche de la nouvelle croissance ».

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