L'électronique japonaise accuse le coup

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Plombée par la faiblesse de la consommation et la force du yen, l'électronique japonaise peine à sortir de l'ornière dans laquelle l'a précipitée la crise. Les résultats trimestriels publiés par les groupes japonais du secteur ont bien montré certaines améliorations, mais celles-ci restent ténues.Sur le deuxième trimestre de leur exercice fiscal 2009-2010, l'ensemble des groupes d'électronique japonais ont enregistré un ralentissement du recul de leur chiffre d'affaires par rapport au premier. Mais la baisse de leur activité reste très significative, souvent proche de 20 % sur un an. Côté résultats, le bilan n'est guère plus riant. Seuls deux acteurs sont redevenus bénéficiaires au deuxième trimestre, Panasonic et Sharp. Plusieurs groupes ont également relevé leurs objectifs annuels. Mais, dans le cas de Sony et de Panasonic, seulement pour revoir à la baisse l'ampleur des pertes anticipées. En outre, ces améliorations relatives reflètent avant tout des baisses de coûts : les groupes d'électronique japonais ont massivement gelé leurs investissements, fermé des usines ou taillé dans leurs effectifs.manque d'innovation La situation de fragilité des acteurs japonais contraste avec l'insolente santé de leurs concurrents sud-coréens Samsung et LG. Elle traduit une situation sur laquelle les Japonais n'ont guère de prise. La hausse massive du yen par rapport au won sud-coréen a laminé les performances des produits japonais à l'export. Début septembre 2008, avant la chute de Lehman Brothers, 1 yen valait environ 10 wons. Vendredi dernier, le taux de change du yen était d'environ 13 wons. « Aucun programme de restructuration n'aurait permis aux sociétés sud-coréennes un gain de compétitivité aussi rapide que la dévaluation du won », observe Jean-Laurent Poitou, responsable mondial du secteur de l'électronique chez Accenture. Facteur aggravant, ce handicap lié au yen fort a été amplifié par une production intégrée et souvent localisée au Japon.Pour l'institut GFK, la seule crise n'explique pas la faiblesse passagère des marchés d'électronique grand public, qui touche en premier lieu les industriels de l'Archipel. Le cabinet d'analyse incrimine également le déficit d'innovation de l'industrie, qui alimente une concurrence par les baisses de prix. « Il semblerait que nous soyons à la fin d'un cycle qui a apporté son lot de nouveautés, notamment les GPS, les baladeurs numériques ou encore les appareils photo numériques », analyse l'institut. « Si les acteurs de ces marchés proposent de nouvelles technologies, ces dernières (comme le Blu-ray) n'ont pas encore fait leur preuve de manière significative et peinent à créer de nouveaux usages. » Pour Jean-Laurent Poitou, cette période troublée devrait entraîner une évolution de l'industrie de l'électronique japonaise, déjà amorcée avec le rapprochement en cours de Panasonic et Sanyo, ou dans la téléphonie mobile, celui de NEC avec Hitachi et Casio. « Les industriels ont compris qu'ils ne peuvent pas continuer à tout faire en étant intégrés verticalement sur l'ensemble des composants. La consolidation a déjà commencé, et devrait aller de pair avec la spécialisation des acteurs. Les mêmes questions se posent pour les industriels coréens, mais l'urgence est moins pressante. »

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