Fin d'année houleuse en perspective pour les Vingt-Sept

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La rencontre des chefs d'État et de gouvernement qui s'est déroulée en fin de semaine dernière à Bruxelles ouvre une nouvelle période d'incertitude. Dans les toutes prochaines semaines, les Vingt-Sept vont devoir avancer sur trois fronts simultanément : la réforme du Pacte de stabilité, la pérénisation du fonds de sauvetage européen, et, enfin, la participation des créanciers privés à la résolution des crises de la dette. La réforme du Pacte de stabilité et de croissance, souvent présentée comme une affaire acquise, reste en réalité au milieu du gué. Les députés européens, qui doivent encore y apposer leur sceau, pourraient rompre le subtil équilibre entre vues allemande et française sur la discipline budgétaire. Certains pays, comme la Pologne, souhaitent également une prise en compte des dettes implicites dans l'appréciation de la santé des finances publiques. Ces abcès de fixation risquent d'interférer avec un second dossier chaud : la nouvelle modification du traité en vue de pérenniser un mécanisme d'entraide entre pays de la zone euro. Le président du Conseil européen doit tracer la voie de cette réforme « légère », comme l'a qualifiée le président Sarkozy. Celui-ci a assuré vendredi « faire confiance à l'inventivité juridique » du président de l'UE, Herman Van Rompuy. Enfin, la réaction des marchés reste une grande inconnue. L'idée d'« une participation adéquate du secteur privé », selon les termes de la déclaration franco-allemande de Deauville, au mécanisme de résolution des crises de la dette a été vertement critiquée par Jean-Claude Trichet. Lever le tabou de la restructuration des dettes souveraines risque, selon le président de la BCE, d'affaiblir les banques européennes et d'affoler les marchés. L'esquisse du nouveau mécanisme et du changement de traité afférant sont néanmoins attendus pour le prochain sommet, fin décembre.Pour finir, l'adoption à l'unanimité de la réforme du traité offre un formidable levier à toutes les revendications possibles comme par exemple la demande de limitation du budget communautaire formulée récemment par le Premier ministre britannique David Cameron. Florence Autret, à Bruxelles

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