Le gaz, planche de salut des pétroliers

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C'est une antique blague de pétroliers. Un foreur appelle son responsable après avoir creusé un puits sec. « Chef, mauvaise nouvelle, on n'a pas trouvé de pétrole. Mais il y en a une bonne. On n'a pas trouvé de gaz ». La plaisanterie est aujourd'hui caduque. Car le gaz, jadis décoté, souvent simplement brûlé à la torche, permet aujourd'hui aux majors d'assurer l'essentiel, la croissance de leur production. En témoignent leurs publications trimestrielles, qui ont retrouvé des niveaux de bénéfices pharaoniques avec un baril bien campé autour des 80 dollars. Chez ExxonMobil, la production en barils équivalent pétrole par jour progresse de 20 %. Mais la hausse est de 4 % pour le pétrole et de 50 % pour le gaz, grâce au rachat à 41 milliards de dollars du producteur de non conventionnel américain XTO. Chez Shell, pour une production en hausse de 5 %, le pétrole affiche une progression de 3 % et le gaz, de 7 %. Le cas de Total est encore plus frappant : sa production globale grimpe de 4 %. Mais les huiles sont en recul de 4 %, tandis que le gaz progresse de 17 %, grâce à la mise en production des opérations de gaz naturel liquéfié (GNL) au Yemen et au Qatar.Moins exploré et exploitéPrivée des réserves pétrolières onshore peu coûteuses à développer par les pays qui en sont propriétaires, les majors se tournent vers des barils plus difficiles à extraire - offshore - ou polluants - sables bitumineux - mais aussi vers le gaz. Moins exploré et exploité, il reste plus de gaz que de pétrole à découvrir. Les États-unis ont aussi ouvert la voie du non conventionnel. Utilisé pour produire de l'électricité, le gaz émet par ailleurs moitié moins de gaz à effets de serre que le charbon. Actuellement, le boom des gaz non conventionnels aux États-Unis pèse sur les prix. Mais le GNL, dont on ne compte plus les projets, cible encore principalement l'Asie. Sur ce continent, le gaz est encore largement vendu à des prix indexés au baril, sécurité d'approvisionnement oblige. Total a vendu ce trimestre ses barils équivalent pétrole de gaz à 75 dollars en Asie. À quand la fin de cette bulle de surproduction gazière ? 2011 ? 2012, 13, 14, 15 ? Les experts se divisent. Quelle que soit la réponse, elle n'infléchira pas la tendance observée chez les majors. Total estime que, en 2014, le gaz représentera 46 % de sa production, contre 44 % aujourd'hui. Shell devrait lui dépasser les 50 %.

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