Croissance : l'Afrique de l'Ouest à la traîne

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L'Afrique subsaharienne a bien résisté à la crise et renoué avec une forte croissance. Le Fonds Monétaire International (FMI) table dans ses dernières prévisions sur une expansion de 5 % en 2010 et de 5,5 % en 2011. Du coup, « l'Afrique est le continent qui connaît la plus forte croissance au monde après l'Asie », souligne Abebe Selassie, l'un des auteurs du rapport. Les pays francophones d'Afrique de l'Ouest membres de l'Union économique et monétaire des États d'Afrique de l'Ouest (l'UEMOA) restent pourtant nettement à l'écart de ces performances. Malgré leur monnaie commune (le CFA), le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo affichent des performances économiques nettement moins bonnes que le reste du continent. Entre 1995 et 2009, le PIB par habitant a plus que doublé dans les pays africains les plus dynamiques (Ouganda, Tanzanie, Rwanda, Botswana, île Maurice, Mozambique, Éthiopie, Cap vert) majoritairement anglophones contre une hausse d'à peine 60 % au Burkina Faso, pays le plus performant de l'UEMOA, et un recul d'environ 10 % en Côte d'Ivoire.Contre-performancesL'instabilité politique qui a secoué plusieurs pays de la région - en premier lieu la Côte d'Ivoire - n'est évidemment pas étrangère à ces contre-performances. Mais le FMI met implicitement en cause le rattachement du CFA à l'euro. « Les pays à croissance rapide tendent à avoir des régimes de change plus souples », souligne le FMI. Le taux de change effectif réel du franc CFA s'est, selon les calculs du FMI, apprécié de 14 % depuis la dernière dévaluation du franc CFA en 1994. « Les différents travaux menés par le FMI n'ont toutefois pas trouvé d'éléments probants indiquant une surévaluation du franc CFA », souligne Roger Nord, économiste au département Afrique du FMI. La compétitivité d'une économie ne se résume pas à son taux de change. La faiblesse des infrastructures des économies de l'UEMOA pèse lourdement sur la compétitivité de la région. Le FMI souligne ainsi que « le prix du forfait internet et les tarifs de l'électricité dans l'UEMOA sont quatre fois supérieurs à ceux d'autres pays en développement ». Le Mali, le Burkina Faso ou le Sénégal figurent parmi les cinq pays d'Afrique où l'électricité est la plus chère. Le coup du transport routier y est beaucoup plus élevé. Les prix y sont en moyenne de 0,13 dollar la tonne kilomètre contre 0,05 dollar en Afrique australe. Le FMI dénonce notamment l'existence d'un cartel du transport routier affichant des marges bénéficiaires colossales.

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