Sortie de crise  :   la BCE à la man ? uvre

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S'il y a une certitude concernant l'issue de la réunion de la Banque centrale européenne ce jeudi, c'est qu'elle ne modifiera pas son principal taux directeur. Le taux de refinancement (« refi ») sera maintenu à son plancher historique de 1 %. En revanche, une foule de questions se pose sur l'amorce des mesures de sortie de crise que Jean-Claude Trichet et ses pairs ne manqueront pas d'annoncer. L'exercice sera d'autant plus délicat pour le président de la Banque centrale qu'il lui faut coûte que coûte éviter que s'enracinent des anticipations de relèvement rapproché du « refi », qui déstabiliserait les taux de marché. Car si les opérateurs commencent à pronostiquer un durcissement de la politique monétaire de la BCE antérieur à celui de la Réserve fédérale américaine, le dollar, qui sert déjà de véhicule prioritaire des stratégies de portage, risque de reprendre le chemin de la baisse. Notamment vis-à-vis de l'euro, alors qu'il est actuellement stabilisé dans une fourchette, certes basse, de 1,4850 à 1,5150. Une perspective qui serait lourde de conséquence pour la croissance de la zone euro. Les équipes statistiques de la BCE fourniront d'ailleurs jeudi leurs nouvelles prévisions pour 2010, mais aussi, pour la première fois, pour 2011.dans l'urgenceLa BCE devrait aussi ébaucher un calendrier de réduction progressive des mesures non conventionnelles mises en place dans l'urgence pour conjurer la crise financière. On sait déjà que l'opération de refinancement à un an du 15 décembre prochain sera la dernière. En juin et en septembre, lors des deux précédentes adjudications de cette maturité, la plus longue jamais proposée, la BCE avait accordé des quantités illimitées de liquidités aux banques au taux fixe de 1 %, alors qu'avant le déclenchement de la crise, c'est elle qui déterminait les besoins de financement des banques. La demande avait atteint le record de 442 milliards d'euros en juin pour retomber à 75 en septembre. Pour éviter que les banques ne se ruent sur cette ultime adjudication à des conditions exceptionnelles, certains avancent que son taux pourrait être indexé sur les taux de marché, mais les économistes tablent majoritairement sur le maintien d'un taux fixe pour ne pas risquer de donner un signal qui soit mal interprété.Au-delà de ce premier enjeu, la BCE, dont c'est la dernière réunion décisionnelle de l'année, ne pourra faire l'impasse sur son calendrier d'adjudications (non conventionnelles) du premier trimestre 2010, estiment les stratèges de RBS. Selon eux, la fréquence des opérations à trois et six mois, actuellement mensuelles, pourrait être révisée à trimestrielles et le taux passer de fixe à variable. Néanmoins, la liquidité offerte devrait rester supérieure aux stricts besoins des banques, pour maintenir un filet de sécurité.

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