Sale temps pour Obama

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Michelle Obama a envoyé des millions de courriels, incitant les supporters de son mari à lui souhaiter un joyeux anniversaire. Pourtant, le président américain ne célébrera pas ses 49 ans, le 4 août, avec la Première dame. Il sera dans son fief de Chicago avec son plus proche conseiller, et assistera le lendemain à un dîner - dont le ticket d'entrée tourne autour de 2.?000 dollars - visant à lever des fonds pour un candidat démocrate au Sénat. Puis, c'est une chaîne de montage automobile qu'il visitera, afin de promouvoir l'action de son gouvernement en faveur de ce secteur sinistré. Au plus bas dans les sondages depuis sa prise de fonction  - son taux de popularité est passé de 69 % en janvier 2009 à 45 % actuellement -, Barack Obama n'a pas le loisir de souffler. Le gros de la crise est certes passé, mais la croissance, a été seulement de 2,4 % au deuxième trimestre et pourrait refluer en fin d'année, principalement sous l'effet du chômage de masse. Car malgré un plan de relance de 787 milliards de dollars, voté en février 2009, le taux de sans-emploi, de 8 % alors, s'est dégradé, frôlant les 10 % aujourd'hui. Les chiffres de l'emploi sur juillet seront publiés ce vendredi, mais d'ores et déjà, plus de 15 millions de personnes sont sans travail, et ont peu de chance d'en trouver un dans les mois qui viennent. Sans oublier la marée noire, qui lui a porté préjudice - son administration ayant initialement eu du mal à prendre la mesure du problème?; l'enlisement en Irak et en Afghanistan?; l'émergence d'un mouvement de contestation, les « tea parties », ancré résolument du côté du « small government » et de l'impôt minimum?; une politique étrangère qui cafouille, en particulier au Proche-Orient, où rien ne semble pouvoir être accompli entre Palestiniens et Israéliens, et enfin, la perspective que les démocrates perdent en partie leur majorité au Congrès à l'occasion des législatives de mi-mandat, le 2 novembre prochain. Autant dire que le président devra sans doute attendre ses 50 ans pour se réjouir?!responsableS'il a hérité de la crise économique et financière ainsi que d'un déficit budgétaire faramineux, la vie politique est ainsi faite aux États-Unis?: pas question, après 560 jours de pouvoir, de continuer à blâmer son prédécesseur. Dans l'opinion publique, il est responsable. Il a pourtant réussi certaines actions?: outre les mesures de relance, la loi sur l'assurance-maladie, quelque peu diluée face à l'opposition, en mars 2010, et la réforme de Wall Street, régulant plus sévèrement les marchés financiers, le 15 juillet. Mais ses succès sont peu visibles, et ses adversaires ne désarment pas. La suite reste à écrire, mais déjà, il apparaît qu'Obama pourrait connaître le sort de bien d'autres présidents avant lui. Face à un Congrès hostile, il aura du mal à marquer de son sceau la fin de son mandat.

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