Conflit des retraites : des bénéfices contrastés pour les syndicats

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Certains ont déjà les yeux rivés sur la phase d'après. D'autres refusent de tourner la page des retraites tant que la loi n'a pas été promulguée. Mais les huit leaders syndicaux seront tous là samedi pour la neuvième grande manifestation contre la réforme des retraites depuis le mois de juin. Et, dès ce jeudi, tous les membres de l'intersyndicale se retrouveront pour dresser un premier bilan du conflit et envisager la suite. Car s'il est peu probable qu'il y ait des actions autres que symboliques dans le domaine des retraites, tous entendent profiter de l'unité qui a prévalu au cours de ces derniers mois pour pousser leur avantage. « Sur certains grands dossiers, comme l'emploi ou la protection sociale, nous pouvons avoir une expression et des actions communes dans la perspective de la présidentielle de 2012 », souligne Jean Grosset, secrétaire général adjoint de l'Unsa. Reste qu'à l'heure des bilans, toutes les organisations ne tirent pas le même bénéfice du conflit des retraites. ? La CGT et la CFDT, piliers incontournables de l'intersyndicale. Tant Bernard Thibault que François Chérèque ont, depuis le mois de juin, su habilement jouer leur partition. Le premier a montré que la CGT fournissait toujours les plus gros bataillons de manifestants, sans tomber dans la radicalisation à outrance. Le second a su faire oublier son « compromis » de 2003, en se posant en principal opposant à la réforme. Reste, pour les deux hommes, à gérer la sortie du conflit. Confronté à la grogne d'une partie de sa base qui rêvait d'une CGT plus offensive, Bernard Thibault devrait faire preuve d'une extrême prudence dans les prochaines négociations sur l'assurance chômage ou l'emploi. De son côté, François Chérèque, en tendant la main au Medef sur l'emploi des jeunes avant l'ultime manifestation, a donné le sentiment de renouer avec ses vieux démons, même s'il a très vite tempéré ses propos. ? Les « nouveaux », plus visibles dans le paysage. La première - l'Unsa - est réformiste, la seconde - Solidaires - protestataire. Mais en participant activement à l'intersyndicale, les deux organisations ont gagné en visibilité. « Nous avons eu des positionnements qui ont été entendus. il y a eu un renforcement de notre audience, de nos idées », confirme Annick Coupé, porte-parole de Solidaires. Les deux syndicats devraient en tirer profit sur le terrain, dans les élections d'entreprise. Au niveau national, en revanche, non représentatives, elles ne pourront participer aux négociations avec le patronat sur l'emploi. ? Les « petits » syndicats piégés par la réforme de la représentativité. Inquiets des conséquences de la loi de 2008 sur la représentativité, agités par des divisions internes, la CFTC, la CGC et FO sont entrés, sortis, puis revenus dans l'intersyndicale. Avec ce positionnement peu lisible, voire parfois incohérent, ces organisations tireront vraisemblablement peu de bénéfices de ce conflit.

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