« Yes we can », « No we didn't »

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Un an après, les obamaniaques, nombreux en France, ceux qui avaient cru que leur nouveau héros, Barack, allait tout casser, ne peuvent masquer leur déception. Le « Yes we can » du candidat est devenu le « No we didn't » du président (« non, nous ne l'avons pas fait »). On sent chez les fans une profonde désillusion. Déjà, on instruit son procès et l'on assure que son mandat finira plus mal encore que celui de Bush fils. Triste sort. Et effectivement, dans l'Amérique profonde, on constate que la crise économique ne s'est pas évanouie d'un coup de baguette magique. Que la croissance est peut-être de retour, mais que l'on reste quand même dans l'historique, dans le mauvais sens : le taux de chômage va franchir dans les semaines qui viennent un record (au-dessus de 10 %). Les États-Unis ne sont pas devenus, du jour au lendemain, socialistes, leur système de santé n'est toujours pas « made in France », comme certains l'entendaient, voire l'espéraient. La Maison-Blanche, désormais habitée par un Noir, n'a guère contribué à verdir la planète. L'implication de l'empire dans le grand marchandage planétaire autour de la réduction des gaz à effet de serre reste incertaine. La paix lui a valu un Nobel quand la guerre continue ? en Afghanistan, au Proche-Orient et ailleurs. Bref, pour les plus fanatiques, la désillusion est à la hauteur des espérances qu'avait fait naître son élection. Pour les plus raisonnables, il n'y a en réalité pas de surprise. Obama est américain ? nous le savions. Il en a profondément la culture. Il défend les intérêts de son peuple ? quoi de plus normal. Président des États-Unis, il n'est pas un hypermonarque comme peut le devenir un président français. Il doit tenir compte, lui, des contre-pouvoirs, toujours puissants dans la société américaine. Il n'a pu de fait mener à son terme jusqu'à présent aucune des grandes réformes auxquelles il tenait. On évalue finalement son bilan alors qu'il n'est aux commandes que depuis neuf gros mois. Paradoxalement, ceux qui n'attendaient aucun miracle de son élection ne peuvent qu'être remplis d'admiration devant les actions déjà menées. Obama a donné un coup d'accélérateur à la voiture propre. Il a imposé aux maîtres de Wall Street un « tsar des rémunérations ». Avec son discours du Caire et ses préventions à l'égard de Pékin, il a changé le regard du monde sur l'Amérique. Ce sont là, parmi d'autres, des signes qui comptent. Quand tout le monde se désole du bilan d'Obama, on applaudira : « Yes he could. » Il lui reste trois ans pour satisfaire les obamaniaques. eizraelewicz@latribune.fr erik izraelewicz

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