Lloyds sauve sa peau de justesse
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Lloyds Banking Group semble avoir réussi à échapper aux griffes de l'État (partiellement, Downing Street en possédant encore 43 %). L'établissement va lever une somme record de 21 milliards de livres (23 milliards d'euros) afin d'éviter la garantie des actifs toxiques de l'État. En mars, la banque avait accepté à reculons un plan-cadre pour garantir 260 milliards de livres (290 milliards d'euros) d'actifs. Depuis, l'amélioration des marchés a changé la donne. Eric Daniels, le directeur de l'établissement, qui n'a jamais voulu de l'aide de l'État, a mené des négociations avec la FSA, le régulateur britannique. Verdict : pour éviter la garantie, Lloyds devait augmenter de plus de 20 milliards ses fonds propres. Eric Daniels a alors testé le marché, et il estime qu'il peut réussir à y lever l'argent.sanction limitéeSon plan s'effectue en deux étapes. La première est une augmentation de capital classique de 13,5 milliards de livres, à laquelle l'État contribue au prorata de sa participation (soit 5,7 milliards de livres). La seconde étape est une conversion de 7,5 milliards de livres d'obligations en équivalents d'actions. L'État conserve ainsi sa participation de 43 %, alors que l'utilisation de la garantie des actifs toxiques l'aurait fait passer à 62 %. Cette aide publique évitée a permis de limiter la sanction de Bruxelles. Lloyds, qui possède près de 30 % des comptes courants britanniques, ne devra vendre que 4,6 % de part de marché. Cela se traduira par la mise sur le marché d'agences en Écosse et en Angleterre, ainsi que de ses marques de produits d'épargne TSB et Cheltenham & Gloucester. Sa banque sur Internet, Intelligent Finance, sera aussi cédée.Eric Daniels n'en reste pas moins à la tête d'une banque fragilisée. Son acquisition l'an dernier de HBOS, d'où vient l'essentiel des actifs toxiques, a failli coûter la vie de ce qui était un établissement solide. Hier, le dirigeant affirmait que le pire était passé et que les provisions avaient atteint un pic. Celles-ci étant encore de 13 milliards de livres au premier semestre, il reste encore du temps avant de retrouver un semblant de normalité. E. A.
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