Silvio Berlusconi perd son ministre du développement économique

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La semaine dernière, le chef de l'Exécutif Silvio Berlusconi avait rejeté sa démission. Mais sous la pression médiatique et à la suite de nouvelles révélations, le ministre du Développement économique Claudio Scajola, un très proche collaborateur du président du Conseil, a finalement quitté mardi le gouvernement italien. Impliqué dans un scandale de corruption bien que pour l'instant, il ne soit pas formellement mis en examen, Claudio Scajola est soupçonné d'avoir bénéficié de pots-de-vin pour acheter en 2004 un appartement de 180 mètres carrés avec une une vue imprenable sur le Colisée de Rome. L'intéressé aurait versé 610.000 euros, un tarif excessivement bas par rapport aux prix du marché de l'immobilier dans la capitale. Les juges soupçonnent qu'un complément ait été payé au propriétaire par l'entrepreneur romain Diego Anemone, impliqué dans plusieurs affaires de corruption portant sur l'attribution de marchés publics. « S'il devait s'avérer que mon appartement a été payé par d'autres personnes, mes avocats entreprendraient les actions nécessaires pour l'annulation du contrat » s'est défendu Claudio Scajola. Reste qu'il y a encore quelques jours, il expliquait son refus de quitter le gouvernement en invoquant acharnement médiatique et en assurant qu'il ne se « laisserait pas intimider ».départ embarrassantMais devant l'indignation de l'opinion publique, même Il Giornale, le quotidien de la famille Berlusconi, estimait mardi que les réponses du ministre n'étaient pas convaincantes. « Cher ministre soit tu clarifies les choses, soit tu démis- sionnes » a ainsi lancé le directeur Vittorio Feltri. Pour Silvio Berlusconi, ce départ est embarrassant à plus d'un titre. D'une part, il le prive d'un de ses plus fidèles lieutenants et responsables de son parti du Peuple de la Liberté (Pdl). D'autre part, elle met à mal les délicats équilibres au sein de la majorité au moment où son allié populiste de la Ligue du Nord qui est sorti grand vainqueur des élections régionales de mars dernier, revendique davantage de pouvoirs. Et cela, sous le regard contrarié de Gianfranco Fini, le président (Pdl) de la Chambre des députés qui est entré dans une opposition frontale à Silvio Berlusconi. Les deux hommes ne se parlent plus après s'être publiquement injuriés il y a dix jours. Le chef du gouvernement craint désormais qu'avec une majorité divisée, nombre de textes de lois et de réformes soient freinés lors de leur examen au Parlement . Robert Lavéran, à Rome

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