La stratégie dans les contenus reste à éclaircir

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« Nous ne sommes pas producteurs de contenus. Nous n'avons pas vocation à devenir un groupe de médias, ni un groupe de presse ». Voilà ce qu'a déclaré jeudi Stéphane Richard, prônant « la doctrine des partenariats stratégiques minoritaires, axés sur la technologie, avec un élargissement à tous les contenus ».Bref, le directeur général de France Télécome;lécom a laissé l'auditoire sur sa faim avec un discours assez comparable à celui qu'il tient depuis plusieurs mois. Il n'a livré aucun scoop, ni tranché l'avenir des chaînes, ni annoncé le nom de partenaires. « Il a même loué le travail fait par nos chaînes », dit un des cadres présents. Ambiguïté cultivéeCertains pensent qu'une clarification sera apportée lundi. « Si on arrête le foot, ce sera beaucoup plus difficile de le dire plus tard », dit un responsable. Mais d'autres pensent que l'ambiguïté reste préférable : « il nous reste encore deux ans de diffusion pour le football. Si l'on arrête les chaînes, que dira-t-on à nos abonnés actuels ? Et si l'on dit qu'on arrête le foot, la Ligue de football va hurler à mort ». Une équivoque que cultive le nouveau patron depuis son arrivée. D'un côté, il déclare aux représentants du personnel qu'il n'arrêtera pas les chaînes. De l'autre, il répète publiquement qu'il ne veut pas produire de contenu lui-même. Face à ce flou, le scénario le plus probable serait le maintien des chaînes de cinéma. En effet, leur budget est relativement faible (un peu plus de 100 millions d'euros par an). Leur rentabilité semble à portée de main : à 12 euros par mois, il faudrait à peu près le double du nombre d'abonnés actuels (420.000) pour être rentable. Et ce nombre d'abonnés pourrait être dopé via une diffusion sur les autres fournisseurs d'accès et/ou en TNT. Enfin, les films sont adaptés à des innovations comme la télévision de rattrapage.En revanche, la question de la chaîne sport reste ouverte. Son budget est bien plus élevé: 140 millions d'euros pour le seul match du samedi soir, plus 10 à 20 millions pour les autres droits. Elle compte 300.000 abonnés payant 6 euros par mois. « Il n'est pas possible de la rentabiliser sur un bassin de 3 millions d'abonnés TV », a estimé mi-juin le directeur des contenus Xavier Couture. En théorie, Orange Sport devait être indirectement rentable, en servant de produit d'appel pour des abonnements ADSL, et donc en réduisant les coûts de recrutement et de désabonnement. Mais elle a échoué dans cette mission, vu les médiocres recrutements ADSL depuis début 2009. Mi-juin, Xavier Couture déclarait qu'il valait mieux « diffuser la chaîne de la Ligue que d'acheter des droits ». JAMAL HENNI

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