Philanthropie américaine

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Dans la nébuleuse des ONG, les fondations philanthropiques américaines occupent une place très particulière. S'il a évolué au fil des générations, leur projet a toujours été fondé sur un triptyque : la paix, la démocratie et l'économie de marché. Autant dire que ces fondations sont l'objet de tous les fantasmes et... de toutes les attentions. Dans « l'Argent de l'influence », les spécialistes rassemblés sous la direction de Ludovic Tournès offrent une analyse très fine de ces réseaux internationaux créés par des capitaines de l'industrie et de la finance américains. Dès le début du XXe siècle, ces fondations cherchent à promouvoir une « élite internationale du savoir et du pouvoir ». Encore assez timide lorsqu'elle fut initiée par le magnat de l'acier Andrew Carnegie dans les années 1910, au nom d'« une paix durable », cette diplomatie philanthropique prend sa vitesse de croisière dans les années 1920 avec la Fondation Rockefeller qui vise à favoriser une « société rationnelle gouvernée par la science ». Une nouvelle étape est franchie avec la Fondation Ford, en 1936, pour lutter contre le communisme. Et, plus récemment, avec le réseau de fondations créé par le financier George Soros pour jouer un « rôle d'incubateur » des sociétés civiles en quête de démocratie. Leur point commun ? Une vision messianique de portée universelle. Si l'on ne prête qu'aux riches, attention pourtant à ne pas surestimer leur influence, souligne Ludovic Tournès. Mais le lecteur, mis en appétit, espère d'autres études dépassant les relations transatlantiques pour s'intéresser à l'influence de cette diplomatie parallèle dans d'autres régions. À commencer par l'Asie. F. C. ? « L'Argent de l'influence », ouvrage collectif dirigé par Ludovic Tournès, éditions Autrement, 204 pages, 18 euros.

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