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Quand les jeunes chinois ont du mal à se loger

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Publié le 06 mars 2010 à 13:45 - Mis à jour le 06 mars 2010 à 13:45

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Wang Li, 26 ans, vient d'acheter un deux-pièces au centre de Pékin pour 1,6 millions de yuans (170.000 euros). Il s'est endetté sur trente ans et rembourse 3.500 yuans (380 euros) par mois à la banque. Embauché dans une entreprise d'État, il ne gagne que 4.000 yuans (432 euros) par mois. C'est avec son nouvel appartement qu'il espère aguicher l'âme soeur. « Je veux me marier. En tant que propriétaire, je pense que les filles me regarderont autrement », estime-t-il. Wang Li est représentatif des jeunes des grandes villes pour qui l'achat d'un bien immobilier va de pair avec le mariage. Les jeunes obligés de partir en banlieueMais si ce jeune Chinois a bénéficié de l'aide de ses parents pour l'accompte, tous ses compatriotes n'ont pas cette chance. Les prix dans les centres-villes sont repartis à la hausse depuis avril 2009 et beaucoup de jeunes repoussent leur mariage ou sont contraints de quitter Pékin et les grandes villes. Leur situation est devenue un casse-tête pour le gouvernement, qui voit une partie de la population exclue du centre-ville et repoussée dans des banlieues sordides. Selon le cabinet Savills, les prix à Shanghai de certains biens immobiliers ont doublé en un an ; le mètre carré se vend entre 40.000 et 100.000 yuans dans le centre (soit entre 4.300 et 10.800 euros). « En Chine, l'immobilier est réservé aux plus aisés. C'est un véritable problème dont je ne vois pas l'issue », explique Trevor Cheung, analyste chez BNP Paribas. Calmer le marchéLe gouvernement, soucieux d'harmonie sociale, a bien pris conscience du problème alors que la presse dénonce de plus en plus ces « colonies de fourmis », comme ont été nommés les logements précaires occupés par les jeunes. Le Premier ministre, Wen Jiabao, a annoncé à plusieurs reprises que l'accès à la propriété pour une plus grande partie de la population était une priorité. Le gouvernement central a déjà implanté une série de mesures pour calmer le marché. Depuis deux mois, les prix n'ont pas baissé mais les transactions ont ralenti. Une loi sur la construction de logements à loyers modérés a été annoncée et le sujet doit être une priorité du Parlement, qui se réunit vendredi pour sa session annuelle. Aucune baisse des prix attendueMais concrètement, mis à part des ajustements sur les taux d'accompte, les analystes n'attendent aucune réells mesure pour faire baisser les prix en 2010. La forte croissance économique soutient le secteur et personne n'espère vraiment voir un retournement de la conjoncture. « Les gouvernements locaux dépendent des ventes de terrains pour se financer et n'ont aucun intérêt à voir les prix s'effondrer », explique Trevor Cheung. « Ils sont souvent très amis avec les promoteurs, et la corruption mine le secteur. » C'est donc en réalité tout le système qu'il faudrait réformer. En attendant, beaucoup de jeunes venus à Pékin tenter leur chance et réduits à habiter dans des taudis hésitent à renter dans leur province d'origine. « Je suis dans la capitale depuis huit ans », explique Li Tian, 26 ans, et originaire de Chongqing. « Mais je sais que lorsque je vais me marier, je rentrerai chez moi. Jamais je ne pourrai acheter à Pékin, ce serait trop de pression pour moi et ma famille. » Pour 3.000 yuans par mois (323 euros), il vit dans un 60 mètres carrés, qu'il partage avec un ami, à une heure et demie de son lieu de travail sur le cinquième périphérique. Il vient d'acheter un appartement près de chez ses parents pour lequel il a payé 6.000 yuans le mètre carré (650 euros). « À Pékin, impossible de trouver quelque chose à moins de 10.000 yuans le mètre carré, et encore, ce serait en banlieue », estime-t-il. ZOOM. Pékin veut lutter contre les inégalités.« Il y a insuffisamment de moteurs internes de croissance économique. » Dans son discours à l'Assemblée nationale populaire (ANP), qui tient depuis vendredi sa session plénière, le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, a une nouvelle fois exprimé la double préoccupation du gouvernement : tenter d'endiguer les inégalités croissantes entre les citadins des villes prospères de la côte est et les masses de paysans qui vivent à l'intérieur du pays, et réanimer la demande intérieure d'une société trop encline à épargner. Il a ainsi annoncé une hausse de 8,8 % des dépenses sociales et de 12,8 % de celles consacrées aux milieux ruraux. « Nous continuerons à accorder notre préférence à l'agriculture, aux paysans et aux espaces ruraux, à améliorer le bien-être du peuple et à développer des programmes sociaux », a insisté le chef du gouvernement à l'attention de tous ceux qui ont peu bénéficié de la vive croissance de ces dernières années. L'objectif du gouvernement tombe à point nommé. La difficile reprise de l'économie mondiale ne permet pas à Pékin de continuer aveuglément sa stratégie de croissance fondée sur les exportations, et plaide pour un rééquilibrage du modèle chinois en faveur de la consommation domestique. « Nous ne devons pas interpréter le virage économique comme une amélioration fondamentale de la situation économique », a admis Wen Jiabao dans son discours annuel. Il n'a pas caché que l'économie continue de faire face à quelques problèmes importants. En conséquence, la politique monétaire accomodante actuelle devrait être maintenue. De même qu'une politique budgétaire active.

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