L'Etat s'apprête à voler au secours de PSA

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L\'Etat va-t-il prendre une participation dans PSA Peugeot-Citroën ? C\'est ce que prône Philippe Bonnin, le coordonnateur du récent livre blanc sur l\'automobile qui pourrait bien jouer les \"Monsieur bons offices\" entre le gouvernement et le constructeur automobile. Et ce, alors que les relations entre Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et Philippe Varin, président d\'un PSA en crise, sont orageuses. Ce dernier appelle en effet les pouvoirs publics à l\'aide. Mais, ceux-ci ne sont prêts à voler au secours du groupe automobile que... sous conditions.Pour un prêt participatif\" Philippe Varin demande un prêt. Si l\'Etat engage de l\'argent public, il doit inscrire son engagement dans les comptes de l\'entreprise \", affirme à latribune.fr Philippe Bonnin, homme politique socialiste influent et fin connaisseur de l\'industrie automobile, maire de Chartres de Bretagne (banlieue de Rennes) où se situe une usine menacée de PSA, qui a rencontré fin juin le conseiller travaillant sur le dossier de Pierre Moscovici, ministre de l\'Economie et des finances, puis mardi dernier celui d\'Arnaud Montebourg. «Je suis pour un prêt participatif. Oui à une aide contre une participation au capital. L\'Etat américain a bien le tiers de GM. Et le fait que l\'Etat allemand de Basse-Saxe détienne 20% de Volkswagen n\'empêche pas la prospérité insolente de ce constructeur », insiste Philippe Bonnin.L\'Etat, qui détient par ailleurs 15% de Renault, pourrait donc se retrouver chez PSA avec une participation plus importante que... celle de l\'allié américain GM, lequel possède seulement 7% du capital. Le groupe familial Peugeot demeure toujours le premier actionnaire de la firme automobile, avec 25,2% du capital et 37,9% des droits de vote. Une arrivée de l\'Etat au capital d\'un vieux groupe familial qui s\'est toujours farouchement présenté comme le constructeur automobile français privé, par opposition à Renault, constituerait pour le moins une revanche indirecte sur l\'histoire de la firme au losange!Perte d\'un milliard d\'un semestre« PSA perd un milliard d\'euros par semestre, l\'Etat ne peut rester indifférent », souligne Philippe Bonnin, à qui Pierre Moscovici devrait prochainement céder la présidence de... l\'Acsia (Association des collectivités sites d\'industrie automobile) regroupant les élus territoriaux directement concernés par l\'industrie auto en France. C\'est l\'Acsia qui a concocté le fameux livre blanc, sous l\'impulsion de... Pierre Moscovici avant qu\'il ne devienne ministre. Ce livre blanc doit servir de base aux réflexions du nouveau gouvernement sur l\'automobile.L\'autre solution pour ce sauvetage consisterait en l\'octroi d\'un prêt sous conditions lui aussi. Il aurait évidemment  l\'avantage de pouvoir être mis en œuvre plus rapidement. Mais il n\'aurait pas le même impact. Même s\'il privilégie l\'entrée au capital, Philippe Bonnin n\'exclut d\'ailleurs pas un simple prêt assorti de sérieuses exigences, notamment en matière sociale. De toutes manières, l\'Etat aurait alors plus que son mot à dire sur les restructurations en vue. PSA veut notamment fermer son site d\'Aulnay en région parisienne. Le groupe a convoqué d\'ailleurs un Comité central d\'entreprise (CCE) extraordinaire pour le 12 juillet, afin d\'informer les représentants syndicaux de « la situation économique du groupe » et des mesures à prendre pour redresser la barre. Le temps presse, il y a urgence.Il faut un engagement clair de GM« Je suis en faveur d\'un audit sur le vrai différentiel de coûts entre une voiture fabriquée en France et à l\'étranger », précise Philippe Bonnin en se référant au volet social, ajoutant : « il faut aussi une expertise sur l\'alliance avec GM. Nous sommes opposés à des transferts de fabrication hors de France dans le cadre de cette alliance, sans qu\'il y ait des engagements clairs de GM sur la réciprocité. Ce que nous n\'avons pas aujourd\'hui ». Philippe Bonnin - qui connaît très bien Denis Martin, l\'actuel directeur industriel de PSA en charge du site breton entre 2008 et 2009 - est d\'autant plus concerné que le site breton de PSA risque de perdre la production de la remplaçante de la Citroën C5, laquelle pourrait être fabriquée en Allemagne. « Nous devrons être très attentifs. Le gouvernement allemand est très ennuyé aujourd\'hui par la décision de GM de produire déjà hors d\'Allemagne la future Opel Astra (NDLR: modèle compact qui sera fabriqué en Grande-Bretagne et en Pologne) . On le voit mal accepter d\'autres délocalisations en-dehors de l\'Allemagne, vers la France par exemple »!

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