Fillon limite l'ampleur de l'emprunt?
La Tribune
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Contenter tout le monde, ou du moins faire en sorte que personne ne perde la face. Cet objectif, classique en politique, le gouvernement a bien l'intention de l'atteindre, s'agissant du grand emprunt, à propos duquel la commission Juppé-Rocard devrait remettre son rapport à la mi-novembre, avant des arbitrages présidentiels « au début du mois de décembre », comme on l'indique à l'Élysée. Nicolas Sarkozy annonce un montant compris entre 25 et 50 milliards d'euros, François Fillon évoque dans « Le Monde » « un ordre de grandeur de 20 à 30 milliards ». Mais il n'y a là aucune contradiction, assure un expert gouvernemental.Car, aux 20 à 30 milliards de Matignon, s'ajouteront les 13 milliards d'euros prêtés par l'État aux banques au plus fort de la crise, et que celles-ci sont en passe de rembourser. Bref, le montant global dépassera les 33 milliards d'euros, et n'ira pas au-delà de 45 milliards.De quoi susciter l'ire des 63 députés de la majorité, qui, soutenus par le conseiller de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, à l'origine de cette idée d'emprunt, ont appelé de leurs v?ux un emprunt de « 50 à 100 milliards » ? Absolument pas, répond-on au sein du gouvernement. Car l'exécutif insistera d'abord sur l'ampleur des investissements réalisables. « Or, dans de nombreux cas, il est prévu que s'ajoute 1 euro d'argent privé à 1 euro d'argent public investi », souligne un expert. Car les industriels, qui, nombreux, en appellent à l'État ? Christian Estrosi fera le point aujourd'hui sur ce sujet ?, devront aussi mettre la main à la poche, s'ils veulent effectivement être aidés. Ce sera notamment le cas pour la mise en ?uvre du très haut débit.Apaiser l'inquiétudeCertes, ce principe de 1 euro venant du privé pour 1 euro d'argent de l'État ne fonctionnera pas toujours, notamment s'agissant de la recherche publique : seuls les fonds budgétaires seront alors disponibles. Mais, in fine, le gouvernement sera en mesure d'afficher un montant global investi bien supérieur à 50 milliards d'euros. De quoi apaiser, a priori, l'inquiétude des députés de la majorité sur l'ampleur des investissements réalisables.Quant aux priorités, la commission Juppé-Rocard devrait se limiter à préconiser cinq à six grands programmes. Le mot d'ordre de cette commission, comme celui du gouvernement, est de se concentrer sur les dépenses d'innovation. « Pas question de financer des infrastructures, le béton des universités », souligne-t-on au sein du gouvernement. Il s'agit avant tout de rattraper le retard de croissance accumulé par l'économie française au cours des dernières années. Ivan Best
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