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Nicolas Sarkozy le Spartiate

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Publié le 06 mai 2010 à 21:19 - Mis à jour le 06 mai 2010 à 21:19

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L'offensive est déclenchée. Objectif : 2012. Mercredi, des députés UMP ont retenu de leur rencontre avec Nicolas Sarkozy que le président de la République semblait pencher pour une candidature à un second mandat. Avec une simple petite phrase - « Mi-2011, on pourra dire qu'on a fait passer tout notre programme de réformes. Après, fin 2011, on ne fera que de la politique » -, le chef de l'État a au moins entretenu la flamme.Jeudi, Nicolas Sarkozy a célébré sobrement, comme il convient en temps de crise, le troisième anniversaire de son élection à l'Élysée, ce palais présidentiel qui porte le nom du paradis grec... Et voilà que, au moment où la zone euro ploie sous les attaques spéculatives contre ses « maillons faibles », la Grèce, l'Espagne et le Portugal, le chef de l'État et la majorité perçoivent enfin l'opportunité d'une contre-attaque politique et idéologique, après des mois de sondages catastrophiques, de « désamour » de l'opinion, couronnés par la rude défaite des régionales des 14 et 21 mars et le regain du Parti socialiste (PS).« La question n'est plus de savoir comment Sarkozy va rebondir, mais quand », résume un député de l'UMP. Comment ? Il suffisait d'écouter François Fillon expliquer mercredi soir sur TF1 que, pour « préserver » la signature de la France sur les marchés financiers, il fallait « faire des réformes » et « réduire les déficits ». Et de voir un sourire se dessiner sur le visage du Premier ministre lorsque, interrogé sur l'âge moyen de départ à la retraite en Europe, il répondait que la France était juste derrière... la Grèce.« La leçon » à retenir de la crise grecque est qu'il « vaut mieux conduire les réformes soi-même, choisir soi-même le rythme des réformes plutôt que de se faire imposer des réformes », a déclaré le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand. « La crise grecque est un révélateur. Elle doit vraiment nous persuader que nous avons, en France, le dos au mur », ont renchéri les sénateurs UMP Jean Arthuis et Philippe Marini.La crise grecque, cheval de Troie de la réforme des retraites en France ? La cure d'austérité d'Athènes, source d'inspiration pour les tenants d'un État mis au régime spartiate ? Pour Alain Minc, l'un des proches conseillers de Nicolas Sarkozy, « les Français sont déjà convaincus ou résignés, c'est la même chose » de la nécessité d'une réforme « considérable » du système de retraites. « Personne n'est content de travailler plus pour gagner moins mais le pays est prêt », ajoute-t-il. Dans l'entourage du chef de l'État, on insiste : « Réformer les retraites est plus que jamais nécessaire » pour prouver définitivement que la France « n'est plus le pays des 35 heures et des grèves mais celui où on réforme ».Le pays des 35 heures... Nicolas Sarkozy maintient, on l'a dit, un suspense tout mitterrandien sur une nouvelle candidature en 2012 mais il a déjà choisi son adversaire : Martine Aubry, ancienne ministre du Travail de Lionel Jospin, aujourd'hui première secrétaire du Parti socialiste, qui s'est installée, lentement mais sûrement, dans la position d'une présidentiable. Le chef de l'État, dit-on, jugerait le maire de Lille « prévisible », à l'inverse de Ségolène Royal, et « moins dangereuse » que Dominique Strauss-Kahn (DSK), la star des sondages et du Fonds monétaire international (FMI).Nicolas Sarkozy, ajoute-t-on dans son entourage, s'est aussi « réjoui » après l'adoption par le conseil national du PS de la « matrice » du projet socialiste pour 2012. « Chapeau pour le réformisme radical et la société du bien-être », plaisante un élu de la majorité, qui juge au passage que « jamais DSK ne pourra réussir le grand écart » entre le FMI et ce « retour aux années 1980 » d'une gauche « archaïque ».Alain Minc parle même d'un « programme ouzo ». La Grèce comme épouvantail encore et toujours... « On change de course, les Français vont voir ce qu'est l'alternative. [...] Si les socialistes continuent dans la foulée de ce projet, Nicolas Sarkozy a un boulevard » devant lui, estime le conseiller officieux du président. Voeu pieux pour l'instant, à en croire les derniers sondages publiés. Car si Nicolas Sarkozy demeure le meilleur candidat de la droite, sa victoire au second tour est aujourd'hui loin d'être assurée. Son socle de premier tour s'était établi à 31 % en 2007. Il s'est effrité à 28 % dans une enquête récente BVA. Un sondage Ifop donne même Martine Aubry au premier tour d'une présidentielle, avec 27 % des voix, devant le président sortant, crédité de 26 % des intentions de vote.Un autre sondage BVA diffusé jeudi dans « La Matinale » de Canal Plus montre que 69 % des Français jugent le bilan de Nicolas Sarkozy globalement mauvais. Pire encore, le bilan détaillé de son action dans des domaines jugés importants comme la lutte contre le chômage, la réduction des inégalités, le pouvoir d'achat ou la lutte contre l'insécurité est jugé très sévèrement. Le PS apparaît désormais plus crédible dans chacun des grands domaines testés.Selon Frédéric Dabi, directeur du département opinion de l'Ifop, il reste toutefois deux ans à Nicolas Sarkozy pour « actionner certains leviers », notamment sur le terrain économique et international. En 2011, année charnière dans la préparation de l'élection présidentielle, la France présidera le G8 et le G20. « Pendant que les socialistes se chamailleront dans leurs primaires et sur leur improbable projet, le président sera dans l'action, contre la spéculation, pour la régulation financière », affirme un des fidèles de Nicolas Sarkozy.À la demande répétée des élus de la majorité, Nicolas Sarkozy compte aussi corriger son « style ». Il se veut plus « secret », plus apte à « déléguer » à ses ministres, à commencer par le premier d'entre eux, François Fillon. Le chef de l'État continue de croire que son « courage » et son « dynamisme » dans la crise finiront « par payer », assure un proche du président. Les partisans de Nicolas Sarkozy parient eux que l'odyssée ne s'arrêtera pas en 2012.Hélène Fontanaud

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