Forte bancarisation des revenus modestes

Ils ont un revenu mensuel compris entre 804 et 1.115 reais (entre 358 et 500 euros) et habitent les quartiers populaires : au Brésil, ce groupe social, appelé par les économistes « classe D » est devenu la coqueluche du secteur bancaire. Coincés entre la pauvreté et la classe moyenne, ces Brésiliens sont parmi ceux qui ont le plus profité des « années Lula ». L'augmentation du salaire minimum bien au-dessus de l'inflation, instituée par le chef d'Etat depuis son élection en 2003 ainsi que la forte croissance et le chômage au plus bas ? près de deux millions d'emplois devraient être créés cette année ? ont augmenté leur pouvoir d'achat, estimé aujourd'hui à 380 milliards de reais (170 milliards d'euros). Les banquiers ont commencé à se disputer ce bataillon de nouveaux consommateurs qui accumulent de minuscules économies. Au cours de la dernière décennie, le nombre de clients détenteurs d'un compte épargne a doublé, passant de 76,5 à 135,8 millions. Parmi les banques brésiliennes, Bradesco est celle qui s'est le plus précocement intéressée à cette cible. Elle se targue aujourd'hui d'avoir bancarisé 10 millions de Brésiliens depuis 2000. L'institution publique Banco do Brasil (BB) a suivi, mettant à profit son maillage du territoire. Aujourd'hui, les deux tiers de ses 52 millions de clients sont issus des classes D et E. Autre organisme public, la Caixa Economica offre de plus en plus de produits à ce public, en particulier depuis 2006, sous une forte impulsion politique. Repenser la stratégieAttirer ce nouveau public oblige les banques à repenser leur stratégie. Une étude récemment réalisée par l'Institut Data Popular, spécialisée sur la consommation des petits revenus, souligne que ces clients ont encore la sensation de ne pas être bienvenus dans une agence traditionnelle. C'est pour eux que se développent les correspondants non bancaires (pharmacies, agences de loteries etc.) qui hébergent les produits bancaires. Par ailleurs, ils ont des difficultés à planifier leurs dépenses, en particulier les accidents de la vie, comme une grossesse imprévue, la mort d'un proche, une maladie ou une séparation. Pour eux, les banques ont commencé à proposer des micro-assurances, d'un montant de moins de 3 euros par mois. Pour les banques, les secteurs populaires constituent l'avenir : alors que les moins de 20 ans représentent 25 % dans les classes A et B, les plus riches, chez les classes D et E, cette proportion grimpe à 41 %. V. M.

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