À la CGT, le dernier congrès de « Thibault le réformiste »

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Le leader des grandes grèves de 1995. Lorsqu'il accède à la tête de la CGT en 1999, Bernard Thibault est toujours auréolé du rôle central qu'il a joué en tant que patron des cheminots CGT contre la réforme des régimes spéciaux de retraite voulue par le gouvernement Juppé. Dix ans plus tard, c'est un Bernard Thibault assagi qui ouvre, ce lundi à Nantes (Loire-Atlantique), le 49e congrès de la CGT.Au cours de cette grand-messe qui se déroule jusqu'à vendredi, le secrétaire général sollicitera un quatrième ? et très vraisemblablement dernier ? mandat de trois ans. Surtout, il défendra le virage réformiste qu'il a impulsé ? voire imposé ? à son organisation depuis une décennie. « Bernard Thibault a fait évoluer la CGT vers une stratégie de négociation, et plus seulement de lutte de classes. Lors du dernier congrès, en 2006, il y avait eu beaucoup de débats autour de la notion de compromis. C'est complètement dépassé, cette fois », souligne Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du travail (IST). « La CGT essaie d'être à la fois dans la contestation et la proposition. C'est d'ailleurs ce qu'attendent les salariés du privé, que la CGT aimerait séduire », ajoute Jean-Dominique Simonpoli, directeur général de l'association Dialogues.Si, en vertu de l'article 1 de ses statuts, la CGT combat toujours « l'exploitation capitaliste », les méthodes de lutte ont profondément évolué sous la direction de Bernard Thibault. La priorité donnée à la négociation a été actée par le soutien, en 2008, de la CGT, alliée à la CFDT, à la position commune sur la réforme de la représentativité. Avec ce texte qui met l'élection professionnelle au centre de la vie syndicale, la direction de la CGT veut inciter fortement les délégués d'entreprise à sortir de leur trop fréquente posture de critiques des textes signés par les autres syndicats. Une attitude qui risque de marginaliser la centrale syndicale.un choix stratégiqueEn évitant de mettre de l'huile sur le feu depuis le début de la crise, la CGT a aussi fait la preuve de sa capacité à être un syndicat « responsable ». Une attitude qui avait déjà été la sienne lors de la réforme des régimes spéciaux de retraites de 2007 ou de l'instauration du service minimum dans les transports. Pour l'instant, la stratégie réformiste de la centrale de Montreuil est validée par les urnes. Lors des élections prud'homales de décembre 2008, la CGT a, en effet, conforté sa place de numéro un hexagonal, loin devant une CFDT en recul.Mais à l'occasion du congrès qui s'ouvre ce lundi, Bernard Thibault ne pourra éviter de donner la parole à ses opposants. Minoritaires, mais bruyants, ils ne manqueront pas de critiquer des positions trop molles à leurs yeux (lire ci-dessous). Or, le secrétaire général de la CGT aura du mal à défendre les acquis de sa stratégie du compromis. Lors du dernier congrès, en 2006, il avait pu se targuer d'une victoire dans le conflit du CPE. Rien de tel, cette fois, tant les mobilisations de l'hiver dernier se sont enlisées dans les querelles syndicales. n

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