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En ce début 2010, je vais devoir sous-traiter l'impression de mes draps en Turquie. Il n'y a plus personne en France qui pratique ce métier sur des gros volumes », déplore Alain Guillonnet, directeur général des Textiles de Granges-sur-Vologne (TGV), dans les Vosges. Sa société, qui fabrique et commercialise du linge de lit (housses de couette, draps, taies, etc.), subit de plein fouet la déconfiture de l'industrie textile.délocalisations massives« Nos fournisseurs et sous-traitants ferment les uns après les autres. Il y a huit ans, nous faisions travailler indirectement pas loin de 500 personnes réparties dans une dizaine d'ateliers, tous installés en France. Aujourd'hui, l'ensemble de notre sous-traitance a été délocalisé, principalement en Chine et au Pakistan, mais nous n'avions pas d'autres choix. C'était ça ou mourir », commente Alain Guillonnet. Parallèlement à cette dégradation de son environnement, TGV a dû faire face au désengagement progressif de la grande distribution, qui traite de plus en plus en direct avec des sociétés asiatiques.Pour sortir de cet étau, Textiles de Granges-sur-Vologne et son façonnier, La Société Vosgienne de Confection, qui emploient au total 70 salariés, ont multiplié les initiatives. « Nous avons élargi notre gamme (près de 20.000 références si on intègre les tailles et les couleurs), et notre catalogue est renouvelé chaque année à 80 %. Nous faisons également du négoce avec des produits complémentaires (couvertures, peignoirs, serviettes éponge, etc.). » Et surtout, l'entreprise, qui commercialise ses produits principalement dans les grands magasins, chez les détaillants et via les principales sociétés de vente par correspondance du secteur, vient d'ouvrir deux nouvelles boutiques à Paris et Velizy (Yvelines). Ce qui porte à 12 le nombre des points de vente gérés en direct par le groupe textile. « Cette opération nous a permis de compenser la perte des grands comptes et de maintenir notre chiffre d'affaires au même niveau que l'an passé, à 14 millions d'euros. Deux autres magasins vont ouvrir début 2010. L'objectif à cinq ans étant de réaliser 50 % de la commercialisation dans nos enseignes Tradition des Vosges. Il faut pour cela ouvrir une vingtaine de magasins supplémentaires. C'est une question de survie », estime Alain Guillonnet. TGV, qui se situe sur le marché du moyen-haut de gamme, sous-traite désormais 60 % de sa production à l'étranger. « Pour cette part du marché, notre métier se résume à la création des modèles, à l'emballage et l'expédition », reconnaît Alain Guillonnet, qui ne croit pas en un possible retournement : « Je ne veux pas jouer les pessimistes, mais je pense vraiment que d'ici cinq ans, la production textile en France aura presque totalement disparu... » n

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