La Banque d'Angleterre entre le marteau et l'enclume

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La Banque d'Angleterre a ouvert le bal des réunions monétaires des banques centrales du groupe des Sept. Dans un contexte particulièrement critique, car elle est face à un conflit d'objectifs qui lui complique singulièrement la tâche. La Grande-Bretagne est le seul pays du G7 à rester englué dans la récession bien qu'un rebond soit attendu. Mais, en dépit de ce marasme, l'inflation outre-Manche reste obstinément élevée. Elle a atteint 1,9 % en glissement annuel en novembre et menace de crever le plafond de 2 % que lui assigne le gouvernement et que la Vieille Dame est en charge de faire respecter.La Banque d'Angleterre a donc, sans surprise, laissé sa politique monétaire inchangée jeudi, son taux directeur restant fixé à son plus bas niveau historique de 0,5 %. Elle n'a pas non plus modifié son programme de rachats de 200 milliards de livres de titres de la dette publique britannique. C'est février qui sera le mois clé : la banque centrale a indiqué qu'elle souhaitait attendre les nouvelles prévisions sur la croissance et l'inflation, qui seront alors rendues publiques, avant de s'engager soit sur un programme de retrait des rachats d'actifs, soit ? ce qui n'est pas exclu ? sur leur éventuelle extension, au cas où la reprise jouerait l'Arlésienne. Quant à un relèvement des taux, il reste, en tout état de cause, très lointain.Le gouverneur de la banque, Mervyn King, et ses pairs vont être confrontés à deux autres défis. Le premier n'est autre que la faiblesse de la livre. Même si la récente décrue de la monnaie d'Albion est pain béni pour les exportateurs d'outre-Manche, il en serait autrement si, au lieu de dériver, elle faisait naufrage. C'est ce que prédit Ian Stannard, stratège change de BNP Paribas à Londres, qui prétend qu'elle va « tomber du haut de la falaise » en cédant 12 % de sa valeur, pour glisser jusqu'à 1,40 dollar, contre un peu plus de 1,59 jeudi, en raison de l'alourdissement du fardeau de la dette et des menaces sur son prestigieux triple A, lancées par l'agence Moody's. L'autre défi est politique et il en découle. King, qui n'a pas manqué une occasion de houspiller le gouvernement pour son laxisme budgétaire, va se retrouver en terrain miné du fait de l'affrontement électoral sur les finances publiques britanniques entre l'actuel Premier ministre, Gordon Brown, et son concurrent conservateur, David Cameron. Il va falloir au gouverneur se garder de donner des munitions aux Tories qui, donnés favoris dans les sondages, pourraient reprendre les rênes du 10 Downing Street pour la première fois depuis l'indépendance de la Banque d'Angleterre en 1997. Isabelle Croizardla banque centrale attend les prévisions sur la croissance et l'inflation, qui seront rendues publiques en février.

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