La Banque du Japon se positionne à mi-chemin entre la Fed et la BCE

La Banque du Japon a achevé vendredi une réunion de deux jours, avancée par rapport au calendrier initial pour faire face à une hypothétique envolée du yen après la mise en place du QE2 (la deuxième phase d'assouplissement quantitatif) de la Fed. A l'unanimité de ses « Sages », la banque centrale de Tokyo a maintenu le statu quo sur son taux directeur, abaissé à 0,1 % en octobre, pour lutter contre la déflation, le yen cher et la morosité de l'activité économique dans l'archipel. Son président, Masaaki Shirakawa, s'est inquiété de la « pause » de la reprise économique observée ces dernières semaines.L'institut d'émission a surtout profité de son conseil anticipé pour détailler son programme de rachat d'actifs financiers, qu'elle va activer dès cette semaine et qu'elle se réserve la possibilité d'étoffer si nécessaire. Ce programme portera sur 5.000 milliards de yens (62 milliards de dollars) s'ajoutant aux 30.000 milliards de yens de prêts à taux préférentiels consentis aux banques pour encourager le crédit. Dès cette semaine, la Banque du Japon lancera sa première tranche de rachats de titres de dette publique à long terme qui portera au total sur 3.500 milliards de yens d'acquisition de JGB, les emprunts d'état nippons à dix ans. A partir du mois de décembre, la banque centrale commencera à acheter des titres de fonds d'investissement immobiliers (REIT), notés AA au minimum par les agences d'évaluation financière, pour un montant de 450 milliards de yens sur un an et des ETF («exchange traded funds») liés aux indices Topix et Nikkei de la Bourse de Tokyo, pour 50 milliards de yens. Elle sera également présente, à hauteur de 500 milliards de yens, sur le marché des obligations d'entreprises notées jusqu'à BBB - et des billets de trésorerie. Peu convaincantLa Banque du Japon se positionne donc à mi-chemin entre la Fed qui a annoncé mercredi un programme d'achat d'emprunts d'état supplémentaire de 600 milliards de dollars et de la BCE qui n'a pas renoncé à sa stratégie progressive de sortie de crise. Les autorités monétaires nipponnes ont insisté sur le fait que leur stratégie était axée sur une gamme d'actifs nettement plus étendue que celle de la Fed, portant sur des instruments moins conventionnels et donc plus risqués. Aucune banque centrale n'a en effet jusqu'à maintenant été présente sur le marché des REIT et des ETF.Sceptiques, les observateurs estiment néanmoins en majorité que le plan est insuffisant pour dissuader les investisseurs de continuer à s'engouffrer sur le yen, monnaie du grand pourvoyeur de capitaux qu'est le Japon, très demandée en période d'aversion au risque.

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