L'Amérique peine à s'extirper de la «croissance sans emploi »

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La promesse par Barack Obama d'un maintien du taux de chômage américain sous les 8 % grâce à son plan de relance de 787 milliards de dollars n'a décidément pas été tenue. Selon le département du Travail, 85.000 postes ont été détruits aux États-Unis en décembre, maintenant le chômage à 10 % mais portant à 4,6 millions le nombre de suppressions en 2009, un chiffre sans égal depuis 1939. Bien que la première économie mondiale se soit extirpée de la grande récession au troisième trimestre 2009, les statistiques dévoilées vendredi ont eu l'effet d'une douche froide sur les marchés financiers, certains analystes ayant anticipé des créations nettes d'emplois. L'indice S & P 500 et le dollar ont ainsi perdu du terrain en matinée. Le département du Travail a bien confirmé un signe encourageant de retournement en novembre : au lieu des 11.000 postes détruits, 4.000 embauches nettes ont été comptabilisées. Mais les chiffres d'octobre ont aussi été révisés et, sur ces deux mois, 1.000 emplois supplémentaires ont en fait été supprimés. Barack Obama a annoncé vendredi soir l'octroi de 2,3 milliards de dollars de crédits d'impôts supplémentaires dans le cadre du plan de relance pour accélérer la création d'emplois industriels « verts ». Et après que sa conseillère économique, Christina Romer, a évoqué un « revers », la secrétaire d'État à l'Emploi, Hilda Solis, a confirmé que « le président allait accorder plus de crédits d'impôt aux petites entreprises car elles sont les moteurs de la croissance ». Un taux de chômage qui restera élevé en 2010Président de la Banque de réserve fédérale de Boston, Eric Rosengren, a prévenu que du fait, notamment, du niveau historiquement faible des heures travaillées et de la plus grande productivité acquise par la main-d'?uvre américaine pendant la récession, « le taux de chômage restera très élevé lors des premières phases de la reprise ». Des propos tenus, alors qu'au même moment, le groupe de messageries United Parcel Service (UPS) annonçait 1.800 suppressions de postes administratifs et de cadres.Avant l'annonce choc du département du Travail, Jan Hatzius, chef économiste de Goldman Sachs, avait déjà tempéré l'enthousiasme de certains de ses confrères. Les conjoncturistes qui « anticipent une forte croissance (aux États-Unis) en 2010 soutiennent que les entreprises ont taillé dans leurs effectifs dans des proportions qui se sont avérées disproportionnées par rapport à la contraction de l'activité économique et, de fait, vont embaucher de façon soutenue en 2010 à mesure que la reprise se confirmera ». Un scénario auquel ne croit pas Hatzius pour qui les destructions d'emplois des deux dernières années ont en fait reflété « la profondeur de la récession ». Alors que Goldman Sachs table sur une hausse de 2,3 % du produit intérieur brut des États-Unis en 2010, le conjoncturiste prévoit une « croissance sans emploi », rappelant les « références que constituent 1991-1992 et 2001-2003 », en matière de sortie de récession. Pour Nigel Gault, chef économiste du cabinet Global Insight, le verre est en revanche à moitié plein. « Alors qu'en moyenne nous avons perdu 199.000 emplois par mois au troisième trimestre, le déclin s'est inscrit à seulement 69.000 emplois par mois au quatrième », se félicite l'expert pour qui « il est probable qu'en moyenne, on assiste à des créations nettes d'emplois, au premier trimestre » de 2010.

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