Semaine clé pour le couple euro-dollar

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Après avoir traversé la semaine la plus tumultueuse de ses onze ans d'histoire, le couple euro-dollar a connu un répit lundi. La monnaie unique a décollé du point bas de neuf mois atteint à la veille du week-end à 1,3585 dollar, pour regagner quelques fractions. Mais attention, de nouveaux obstacles vont jalonner sa trajectoire qui pourraient relancer les coups de boutoir de la spéculation. Pauvres en statistiques, les jours à venir n'en seront pas moins riches en rendez-vous de première importance.Mercredi, le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, sera auditionné par la commission des services financiers de la Chambre des représentants. Il devra expliquer la stratégie de sortie de crise que compte mettre en oeuvre la banque centrale. « Tout discours laissant présager un début rapide de normalisation de la politique monétaire et toute indication de reprise de liquidités pourraient provoquer une réaction violente du march頻, avertit Christian Parisot, économiste chez Aurel BGC. deficit d'intégration économiqueLe lendemain, la réunion des chefs d'État européens sera scrutée à la loupe. Car l'euro, au-delà de la dérive outrancière des finances publiques des pays méditerranéens, est aussi victime du déficit d'intégration économique et politique des États qui le composent. Il faudra bien à un moment ou à un autre commencer à tenter de corriger le tir pour donner un début de cohésion à l'ensemble de plus en plus hétéroclite que représentent les Seize, qui vivent pourtant au rythme de la même monnaie et d'un taux d'intérêt unique. Si les dirigeants européens devaient faire du surplace, le risque serait grand de voir le dollar s'attaquer au seuil de 1,35 pour 1 euro, que l'on n'a pas revu depuis mai 2009. Et le différentiel de rendements longs entre bons et mauvais élèves de la zone euro devrait continuer à se creuser.Certains avancent même l'hypothèse d'une remontée du billet vert sur le point haut atteint en 2009 : c'était à la mi-février et le dollar avait alors enfoncé la barre de 1,25. Ces « taureaux » ? les haussiers ? font valoir que la croissance des États-Unis sera nettement plus robuste que celle de la zone euro cette année (3,6 % contre 2,1 % selon les dernières prévisions de Barclays Capital) et que la dette publique de l'Oncle Sam sera mieux contenue. Elle s'élèverait à 65 % du PIB en 2010 selon l'Office budgétaire du Congrès, contre 77 % en Allemagne selon la Commission de Bruxelles, sans parler des 80 % du PIB de la Grande-Bretagne et 180 % du Japon. Isabelle Croizard

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