La Grèce au bord de l'infarctus financier

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Palpables depuis le début de la semaine, les turbulences financières entourant la Grèce ont redoublé ce jeudi, soulignant un peu plus l'incapacité du plan d'aide européen décidé fin mars à calmer les marchés. Préfigurant les taux auxquels le pays peut financer sa dette, le rendement des obligations à 10 ans a inscrit en fin de matinée un nouveau record depuis l'entrée de la Grèce dans la zone euro, à 7,51%, avant de se détendre quelque peu dans le sillage de la réunion du conseil de la BCE. Le contrat assurant contre un défaut de la Grèce a lui grimpé à un sommet absolu de 468 points de base, supérieur au prix du contrat sur l'Islande. La tension s'est étendue à la Bourse d'Athènes, qui a clôturé en baisse de 3,11%, plombée par les craintes sur la capacité des banques grecques à se financer.La détente observée le mois dernier a donc fait long feu. Tout un symbole, les tensions sur les taux grecs se sont progressivement ravivées depuis le 25 mars, date de l'accord européen sur le plan de soutien à la Grèce. Jeudi, des extraits d'un document de travail de la Bundesbank mentionnant « les risques pour la stabilité » de la zone euro contenus dans ce plan ont été révélés par le quotidien Frankfurter Rundschau, soulignant une nouvelle fois les réticences de Berlin à « virer un certain nombre de milliards d'euros directement au ministère des Finances grec », indique ce document de la « Buba ».Encore 32 milliars à leverAssociant les pays européens au FMI, le plan prévoit une aide de l'ordre de 20 milliards d'euros conditionnée par l'incapacité de la Grèce à emprunter. La Grèce, qui doit encore lever 32 milliards d'euros cette année pour se financer, a pour l'instant réussi à collecter 18 milliards à des taux supérieurs à 6%. Malgré ce coût prohibitif (l'Allemagne se finance moitié moins cher), « le pays continue et continuera à emprunter comme d'habitude, et le programme d'ajustement budgétaire est en route », a martelé jeudi le ministre des Finances devant le Parlement grec. Reste qu'une émission sur le marché américain est prévue pour la fin avril, et que les récentes turbulences pourraient conduire les investisseurs à exiger des taux encore plus élevés. Selon un expert du gérant obligataire Pimco, même des taux supérieurs à 7% ne suffiront pas à rendre l'opération attractive.« Le niveau des taux d'intérêt (...) mais aussi leur extrême volatilité » rend « très difficile toute émission obligataire », explique dans une note Laurent Bilke, économiste chez Nomura. « Il est de plus en plus probable que le gouvernement grec soit forcé de changer de stratégie et d'appeller à l'aide », ajoute-t-il. Abaissée plusieurs fois fin 2009, la notation de la Grèce risque en outre une nouvelle dégradation si les coûts d'emprunt restent élevés, a prévenu jeudi un analyste de Standard & Poor's. Cela n'arrangerait pas les affaires du pays.

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