Les groupes énergétiques allemands vont pâtir du plan de rigueur

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Parmi les « victimes » du plan de rigueur allemand annoncé lundi, les groupes énergétiques figurent en bonne place. Le gouvernement fédéral compte en effet créer un nouvel impôt « sur les combustibles nucléaires » qui devrait rapporter 2,3 milliards d'euros par an. Dans les heures qui ont suivi cette annonce, les observateurs ont fait le lien entre cette contribution et les discussions intenses qui sont actuellement menées sur la question du prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires. La coalition d'Angela Merkel avait en effet promis, après les élections fédérales de septembre, de réexaminer les conditions de la sortie du pays du nucléaire, décidée par le gouvernement Schröder en 2000. Mais on savait aussi que le gouvernement souhaitait « profiter » des bénéfices issus d'un allongement de la durée de vie des réacteurs. Mardi, cependant, Berlin a précisé que le nouvel impôt n'était pas lié à cette question, mais qu'il se justifiait par la participation à l'assainissement du site de stockage de déchets nucléaires d'Asse, en Basse-Saxe, et par les bénéfices supplémentaires engrangés par les géants de l'énergie grâce à l'intégration dans leurs prix des quotas de CO2. Cette justification laisse en suspens la question du « coût » de l'allongement de la durée de vie des réacteurs nucléaires. Le gouvernement fédéral devrait cependant présenter à la mi-juillet sa décision sur le sujet. « mauvaise voie »D'ici là, E.ON, le premier électricien allemand, refuse de parler de « mauvaise nouvelle ». « Un impôt n'est pas une politique énergétique. Nous attendons que le gouvernement présente cette dernière », affirme-t-on au siège du groupe où l'on rappelle que, pour le moment, cet impôt n'est encore qu'une « proposition ». Pourtant, son concurrent RWE ne cache pas son mécontentement sur la « mauvaise voie » qu'emprunte le gouvernement. Et de menacer : « un nouvel impôt aura rapidement une influence sur les particuliers  ». Il est certain que la facture risque d'être lourde. D'autant que le gouvernement a aussi décidé de supprimer les avantages fiscaux liés à la consommation énergétique dans l'industrie. On comprend donc que ce mardi, les actions des exploitants des 17 centrales nucléaires en activité dans le pays aient été sanctionnées. A Francfort, RWE et E.ON se sont placés en queue des performances de l'indice Dax. Et à Paris, EDF, maison-mère de l'allemand EnBW, chutait de plus de 4 %. Romaric Godin, à Francfort

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