La potion amère mais efficace du Fonds monétaire international

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Si la Macédoine est devenue ce mercredi le premier pays à demander une ligne de crédit au Fonds monétaire international (FMI) sans intention d'utiliser ce nouvel instrument mis en place en août dernier, d'autres pays en Europe ont dû se résoudre à frapper à la porte de l'institution de Washington depuis le début de la crise. Or avec l'argent déboursé par le FMI viennent les contraintes. De la petite Islande (300.000 habitants), qui a reçu un total de 2,1 milliards de dollars en octobre 2008, à la Hongrie, qui a, elle, bénéficié d'une ligne de crédit de 15,7 milliards de dollars en novembre de la même année, en passant par la Lettonie (2,35 milliards de dollars à la fin décembre 2008), tous les pays aidés ont dû mettre en place des politiques d'austérité budgétaire. En Lettonie, les fonctionnaires ont vu leurs salaires amputés de 30 %, tandis que d'autres (30 %) ont été licenciés. On a fermé des hôpitaux, des agences du gouvernement, des écoles. En Hongrie, après une première série de coupes dans le budget - affectant les retraites et autres avantages sociaux - le nouveau gouvernement a préféré lever un impôt extraordinaire sur les banques, les télécoms, la grande distribution et le secteur énergétique pour boucler ses comptes au lieu de demander des efforts supplémentaires aux électeurs. Une stratégie qui n'a cependant pas reçu l'aval du FMI, ni des agences de notation, d'ailleurs. Enfin, en Islande, le gouvernement a, entre autres, opté pour la mise en oeuvre d'une multitude de taxes, jusque sur les gâteaux et les boissons gazeuses... Est-ce grâce à ces efforts ou parce que ces pays - tous hors zone euro - ont dévalué leur monnaie pour regagner de la compétitivité qu'ils affichent aujourd'hui une meilleure santé ? Toujours est-il que, pour la première fois depuis 2008, l'Islande a connu une croissance de 1,2% au troisième trimestre, tandis que celle de la Lettonie a été de 2,7% sur la même période, et ce, pour la première fois depuis dix trimestres. De même, la Hongrie devrait croître de plus de 3% l'an prochain. L.J.B.

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