Le made in France perd du terrain en Europe

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Le ver est dans le fruit. En novembre, le déficit de la balance commerciale s'est élevé à 3,9 milliards d'euros selon les Douanes, le montant des exportations étant plus important que celui des importations (35 contre 38,9 milliards d'euros). Au cours des douze derniers mois, la balance commerciale est dans le rouge à hauteur de 50,6 milliards d'euros. À ce rythme là, le déficit commercial annuel devrait frôler le record de 56 milliards d'euros établi en 2010. Cette mauvaise habitude d'enchaîner de mois en mois les déficits commerciaux provient en grande partie des difficultés que rencontrent les 80.000 entreprises exportatrices françaises à conquérir des parts de marchés dans la zone euro qui accueille les deux tiers de nos produits.Facture énergétiqueLe niveau élevé de la facture énergétique n'explique en effet pas tout (50 milliards sur un an). Même si le déficit commercial avec la zone euro s'est légèrement réduit entre octobre et novembre, « les exportations vers l'Italie, le Royaume-Uni, l'Espagne ou encore la Belgique sont très inférieures à ce qu'elles étaient avant crise », constate Nicolas Bouzou chez Asteres. Résultat : la France affiche des déficits bilatéraux avec la plupart de ses voisins. Entre décembre 2009 et novembre 2010, il avoisine les 16 milliards d'euros avec l'Allemagne, 6 milliards avec la Belgique, 4 milliards avec l'Irlande, l'Italie et les Pays-Bas. En revanche, les échanges avec la Grèce sont excédentaires d'environ 2 milliards. « Dans une vraie zone monétaire et économique, où les stratégies seraient concertées et où la cohésion serait de mise, il n'y aurait strictement aucun problème. Mais, dans la situation actuelle, où chaque pays suit une politique économique sans se soucier de la répercussion sur ses voisins et ?partenaires ?, cet état de fait est singulièrement inquiétant », estime Alexander Law, chez Xerfi.Tout n'est pas noir, heureusement. Les efforts du gouvernement et d'Ubifrance pour réorienter géographiquement les exportations tricolores vers les pays émergents en forte croissance semblent enfin payer. « Les émergents d'Asie mais aussi d'Afrique accueillent désormais 20 % de nos exportations », calcule Nicolas Bouzou. Mais ces résultats encourageants sont insuffisants pour compenser les difficultés du made in France dans la zone euro. Et l'année 2011 ne devrait pas constituer une rupture dans ce domaine. Pour deux raisons. D'une part, la dépréciation récente de l'euro/dollar n'aura par définition pas d'effets sur le commerce au sein de l'union monétaire. D'autre part, les perspectives de l'Espagne, du Royaume-Uni et même de l'Allemagne ne sont pas très bonnes.

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