Surprise : les Allemands aiment à nouveau l'euro

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Nostalgiques du Deutsche Mark, les Allemands ? Pas tant que cela. Selon un sondage réalisé par l’institut Forsa et publié ce matin dans le quotidien Handelsblatt, seulement 27 % des personnes interrogées outre-Rhin souhaiteraient revenir à l’ancienne monnaie de la République fédérale. En 2012, ils étaient 50 % à espérer un tel retour. A l’inverse, ils dont désormais 69 % à vouloir que l’Allemagne demeure dans la zone euro. En un an, les Allemands se sont donc découverts enthousiastes de l’euro. Selon l’étude Forsa, plus les revenus sont élevés et plus l’attachement à la monnaie européenne est fort. Parmi les personnes dont les revenus dépassent 3.000 euros par mois, le soutien à l’euro est de 79 %. En termes politiques, les sympathisants écologistes y sont les plus favorables avec 88 % de partisans, suivis par les proches du parti libéral (83 %) et par les sympathisants chrétiens-démocrates (75 %).Le travail d’Angela MerkelIl y a donc eu en Allemagne un vrai tournant l’an passé. La population n’est plus vraiment tentée par la sortie d’une zone euro qui, voici encore un an, apparaissait comme coûteuse et dangereuse pour la stabilité. Faut-il y voir un effet de la politique européenne d’Angela Merkel ? Sans doute, puisque cet enthousiasme est concomitant avec une popularité sans précédent de la chancelière pour laquelle, selon un récent sondage, près de 60 % des Allemands voteraient si on élisait directement le chef du gouvernement. Depuis un an, Angela Merkel a imposé en Europe ses positions et l’a fait savoir outre-Rhin. Elle a fait adopter par les plus réticents, y compris la France, le pacte de stabilité qui renforce les restrictions budgétaires, elle a permis de calmer les tensions sur les marchés en donnant son feu vert au programme OMT de rachat de titres souverains de la BCE et surtout, elle a défendu becs et ongles le « contribuable » allemand. L’affaire de Chypre l’a montré aux Allemands qui ont vu combien était ferme la position de son gouvernement fédéral pour ne pas céder un pouce sur ce point. Et combien la BCE a suivi cette voie par son « ultimatum » à Nicosie. Autrement dit, progressivement, les Allemands se sont convaincu qu’avec la position de force de l’Allemagne dans la zone euro, la monnaie unique défendait, malgré tout, leur « culture de la stabilité. »Les bénéfices de l’euroD’autant que, au final, l’euro est loin d’être une mauvaise affaire pour l’Allemagne. Si les réformes Schröder ont beaucoup participé à la forte croissance allemande à partir de 2006 (à l’exception de 2009), la monnaie unique n’y est pas non plus pour rien. Elle a sécurisé les importations en provenance de la zone euro pour les entreprises allemandes et elle a également protégé leur avantage compétitif en empêchant les dévaluations compétitives fréquentes jusqu’au début des années 1990. Le succès du commerce extérieur allemand, c’est aussi le fruit de l’euro. Sans compter que la crise de l’euro elle-même a beaucoup apporté à l’Allemagne, malgré l’ampleur des garanties de ce pays sur les mécanismes d’aides : les taux d’emprunts de l’Allemagne sont très bas, ce qui a favorisé la consolidation budgétaire et l’influence de l’Allemagne en Europe n’a jamais été aussi importante depuis les débuts de la construction européenne. Les Allemands sont donc bien des raisons d’être attachés à l’euro.Ce sondage est donc une bonne nouvelle pour Angela Merkel et une mauvaise pour le nouveau parti, Alternative für Deutschland (AfD) qui entend défendre la sortie de la zone euro. Ce parti, pour lequel un quart des Allemands pourrait voter, selon un sondage, n’a pas encore fait savoir s’il entrait ou non en lice pour les élections fédérales du 22 septembre.  

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