Le Parti commmuniste chinois a des difficultés à trouver des patrons capitalistes dans ses rangs

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C'est par voie de presse que l'État chinois a lancé sa dernière campagne de recrutement pour les patrons de ses entreprises. Dans une publicité parue le 30 août dans les principaux quotidiens chinois, SASAC, l'organe du Parti communiste chinois qui chapeaute 123 entreprises d'État, a annoncé qu'il cherchait à embaucher étrangers et chinois pour une vingtaine de postes de direction. La publicité, qui s'étale sur une double page, précise même que des postes de PDG sont à pourvoir chez quelques champions locaux dont Dongfeng Motor Corporation ou China State Construction Engineering Corporation, qui tous deux ont des filiales cotées à la Bourse de Hong Kong. Ce n'est pas la première fois que SASAC cherche à attirer des talents, mais le recours à une telle publicité (dont il n'est pas sûr qu'elle obtienne les résultats escomptés) est le symptôme des maux qui rongent les entreprises d'État. Pourtant, sur le papier tout semble aller pour le mieux. Ces entreprises bénéficient d'une importante trésorerie alimentée par le plan de relance. C'est en effet vers elles qu'a été acheminée une bonne partie des 586 milliards de dollars (460 milliards d'euros) injectés dans l'économie par voie bancaire. Elles ont accès à des taux d'intérêt qui défient toute concurrence et leurs profits explosent : 543 milliards de yuan (68 milliards d'euros) au premier semestre, soit + 60 % par rapport au même semestre de 2009 tandis que leur chiffre d'affaires représente 45 % du PIB. Or la moitié de ces profits est générée par seulement quatre géants (dont China Mobile et les trois grands du secteur pétrolier) qui sont en position de quasi-monopole. Les autres peinent à concurrencer leurs homologues du secteur privé, plus soucieuses de plaire au parti communiste qu'à être profitables. Une étude publiée par le Hong Kong Institute for Monetary Research estime d'ailleurs que, si ces entreprises devaient emprunter au taux du marché, une bonne part des profits s'évaporerait. le mot d'ordre« La direction de ces grandes entreprise d'État est nommée directement par le parti. Les PDG espèrent utiliser leur poste comme tremplin pour faire une carrière politique », explique Patrick Chovanec, professeur d'économie à l'université de Tsinghua. « Désormais, ces entreprises ont reçu le mot d'ordre de s'internationaliser et d'être profitables. Elles doivent acquérir une crédibilité à l'étranger. Mais elles ont bien du mal à recruter. Il est très difficile diriger une entreprise d'État », précise Patrick Chovanec. D'autant que le parti peut intervenir à tout moment et imposer une décision ne laissant à la direction de l'entreprise pas d'autre alternative qu'obéir. On se rappelle l'anecdote qui avait ému le monde des affaires fin 2004 lorsque du jour au lendemain la direction des trois grands opérateurs téléphoniques avait été interchangée. Enfin, il y a la question des salaires. Ces postes sont très mal rémunérés par rapport au secteur privé même si les avantages en nature sont loin d'être négligeables. « Ces entreprises ont besoin des ?returnees? (Chinois qui ont étudié à l'étranger) et des étrangers pour faire des affaires. Mais, pour le moment, personne qui compte faire carrière ne souhaite inscrire sur son CV avoir travaillé pour une entreprise d'État », estime Patrick Chovanec.

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