« Le mouvement syndical européen ne cesse de prendre de l'ampleur »

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STRONG>Joël Decaillon Secrétaire général adjoint de la Confédération européenne des syndicats (CES)Pourquoi vous opposez-vous au « pacte pour l'euro plus » et aux mesures d'austérité ?La réponse de l'UE pour ramener la croissance, développer la productivité et réduire la dette, c'est d'imposer l'austérité et de remettre en question les salaires, les retraites et les prestations sociales. Cette tendance à précariser les travailleurs au nom de la compétitivité internationale est très inquiétante. Après la Grèce et l'Irlande, le Portugal va être mis à genoux alors que des mesures d'austérité très sévères avaient déjà été prises. Les citoyens ont déjà payé pour renflouer les banques, ils doivent payer une deuxième fois pour réduire la dette. Les peuples sont-ils capables d'accepter de tels sacrifices ? Les replis nationaux gagnent du terrain et ces mesures ne vont pas restaurer la croissance.Quelles sont vos idées pour une gouvernance économique européenne ? On ne peut pas fonder un projet européen uniquement sur la réduction de la dette. Il faut une politique de croissance, avec des axes clairs, notamment énergétiques. La question des coûts des matières premières et de l'énergie est fondamentale pour l'avenir. L'Union doit encourager l'innovation énergétique, la R&D, s'engouffrer dans le potentiel vert. Une réforme fiscale est nécessaire pour taxer les spéculations et les échanges sur les marchés financiers. Pour alléger le poids de la dette, il faudrait mettre en place, comme l'avait proposé la Commission, des euro-obligations pour réduire les taux d'intérêts des pays les plus fragiles. Les syndicats européens ont-ils les moyens de s'opposer ?La manifestation de samedi à Budapest a réuni 50.000 personnes provenant de 44 organisations syndicales dans 22 pays. C'est exceptionnel. Le mouvement syndical européen ne cesse de prendre de l'ampleur. Les bonus, les stock options et l'actionnariat en général n'ont pas été remis en cause et ce sont les citoyens qui paient les dégâts de la crise. Il faudrait aux gouvernants un minimum de décence dans l'équilibrage des injustices. Propos recueillis par Sylvain Rolland

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