Camouflet pour le gouvernement japonais

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Le gouvernement de Naoto Kan a subi une sévère défaite dimanche lors des élections sénatoriales partielles, exposant l'archipel à une nouvelle paralysie politique. Le Parti démocrate du Japon (PDJ), principale formation du gouvernement arrivée au pouvoir il y a moins d'un an, n'aurait recueilli qu'entre 44 et 51 sièges sur les 121 qui étaient en jeu, la moitié du total que compte le Sénat. Il perd donc la majorité dont il avait pourtant un besoin crucial pour mettre en place son programme. Au Japon la chambre haute rivalise d'importance avec la chambre basse, hormis pour le vote du budget. Malgré un départ sur les chapeaux de roues lors de son arrivée au pouvoir début juin, le Premier ministre Naoto Kan a désarçonné jusque ses fidèles en se révélant incapable d'indiquer au pays une direction claire à suivre. « Le peuple est prêt à suivre un leader, mais il n'y a pas de leader », commente Gerald Curtis, politologue, spécialiste du Japon. Ces dernières semaines, Naoto Kan a multiplié les déclarations erratiques. Il a proposé un doublement de la TVA, nécessaire selon lui pour redresser les finances du pays. Mais les électeurs ne l'ont pas suivi, puis ont été franchement affligés par ses piteux efforts pour revenir sur ses déclarations pendant la campagne. «D'abord Naoto Kan a expliqué que si on ne faisait rien, dans deux ans le Japon se retrouverait dans l'état de la Grèce. Ensuite, il a expliqué qu'il n'augmenterait pas la TVA avant deux ans. Et depuis, il affirme tout autre chose encore », souligne Gerald Curtis. Le prédécesseur de Naoto Kan, Yukio Hatoyama, resté au pouvoir neuf mois seulement entre septembre et juin, avait déjà ulcéré les électeurs par ses errements et son absence d'autorité. Il a été le quatrième chef de gouvernement nippon à démissionner en quatre ans tant la vie politique est devenue difficile au Japon.Sous menace du PLDDésormais, le PDJ ne peut que pâtir de la nouvelle redistribution des cartes politiques. Le scrutin de dimanche a rendu le gouvernement otage de petits partis. Grand gagant, le PLD (Parti libéral-démocrate), principal parti d'opposition chassé du pouvoir lors des élections législatives d'août dernier après avoir contrôlé le pays de façon quasi ininterrompue depuis 1955, redevient une menace pour le PDJ avec un nombre de sièges compris entre 46 et 52. Enfin une troisième formation a percé, Votre parti, sorte de mouvement libéral à la japonaise composé d'anciens chefs d'entreprise et d'ex-ténors du PLD. Elle emporte environ 10 sièges. Pour Gerald Curtis, « une nouvelle génération d'hommes politiques est en train d'émerger, qui n'a rien à voir avec « les héritiers de l'ancien monde politique japonais ». Simplement il faut attendre que ces leaders se révèlent lors du prochain rendez-vous avec les électeurs, sans doute en 2013. En attendant, le Japon continue de décourager ceux qui attendent le vent des réformes qui tirera le pays de sa torpeur.

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