Le chinois Cnooc tente à nouveau l'aventure américaine

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Cinq ans après la tempête politique soulevée par son projet de rachat du pétrolier américain Unocal, finalement abandonné, le chinois Cnooc a annoncé le plus important investissement jamais engagé par une compagnie pétrolière du pays aux États-Unis. Cnooc - Chinese National Off-shore Oil Company - a dévoilé son intention de racheter, pour 1,08 milliard de dollars (0,77 milliard d'euros), un tiers d'un projet de pétrole et de gaz de schiste piloté par l'américain Chesapeake dans la région d'Eagle Ford, au sud du Texas. Le pétrolier public chinois en financera aussi les coûts de développement, à hauteur d'un montant maximum de 1,08 milliard. La finalisation de la transaction est attendue au quatrième trimestre. Soucieux des réticences politiques que pourrait soulever l'opération, à quelques semaines des élections de mi-mandat, Chesapeake a souligné que le développement de ce champ « contribuerait, à terme, à limiter les imports d'hydrocarbures du pays, entraînerait la création de milliers d'emplois bien payés sur le sol américain et le versement d'impôts [...] très significatifs ». « Approche fractionnée »Les conditions de cette opération sont toutefois bien différentes de celles qui prévalaient lors du rachat raté d'Unocal. Cnooc cherche ici à acquérir une part minoritaire d'un projet, pour 2,16 milliards de dollars, et non à prendre le contrôle de 100 % d'un pétrolier américain pour 18,5 milliards. « Ce qui a changé dans l'attitude de la Chine depuis Unocal, c'est une approche beaucoup plus fractionnée, politiquement acceptable, observe Jean-François Di Meglio, président du centre de recherches sur l'Asie contemporaine, Asia Centre. À l'époque, le rachat d'Unocal représentait un multiple des investissements chinois à l'étranger. Aujourd'hui, l'opération Chesapeake n'en représente qu'une fraction. » Diplomatiquement, il sera par ailleurs délicat pour les États-Unis de barrer la route à Pékin. Le secteur du gaz non conventionnel attire sur place les groupes énergétiques du monde entier, désireux d'apprendre de l'expérience américaine. L'opération avec Cnooc est la cinquième pour Chesapeake (qui a notamment un projet avec Total). Dimanche, le norvégien Statoil, public également, a annoncé une opération dans la même région du Texas. Les présidents chinois et américain ont, par ailleurs, établi fin 2009 la « U.S. - China Shale Gas Resource Initiative », qui prévoit que les États-Unis aident la Chine, un des pays les plus prometteurs pour les gaz de schiste, à développer ses réserves. Mais pour l'heure, seule l'anglo-néerlandaise Shell a finalisé un partenariat sur place.

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