Sarkozy joue la prudence pour réformer le lycée

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Les grandes annonces, le chef de l'État aime se les réserver. Le lycée ne déroge pas à cette règle. Pourtant, comme il l'a laissé paraître lors de sa conférence de rentrée, Luc Chatel a dû espérer un temps préserver au moins celle des grandes orientations de cette réforme. Or le petit retard pris et les déclarations de Nicolas Sarkozy lundi dernier évoquant une annonce présidentielle « d'ici à la fin de l'année » auraient pu faire penser à un report de la présentation de cette réforme. Il n'en est rien. Le calendrier reste donc inchangé : l'architecture globale sera bien annoncée mardi matin et le projet finalisé à la fin de l'année (lire « La Tribune » du 8 octobre) pour une application à la rentrée 2010.Selon « Le Journal du dimanche », qui en a dévoilé plusieurs volets dès samedi, la réforme instaurera en premier lieu deux heures de cours par semaine de soutien individuel en classe de seconde. Une initiative préexistante dans les écoles et les collèges. Le soutien se fera sur la base du volontariat de l'élève ou par le biais d'un signalement par les professeurs. Le projet prévoit de donner plus d'autonomie à ces derniers comme aux proviseurs afin d'organiser ces cours à leur guise. Par ailleurs, des passerelles seront créées entre les différentes filières des lycées d'enseignement général afin de faciliter les changements d'orientation des élèves en cours d'année. Une concrétisation de la volonté de Nicolas Sarkozy de donner « une seconde chance » aux lycéens se jugeant mal orientés. Ces derniers devront cependant suivre des cours de rattrapage afin de se remettre à niveau. L'orientation fera d'ailleurs l'objet d'un renforcement à tous les niveaux. En première comme en terminale, par exemple, une « orientation active » va être mise en ?uvre afin de permettre aux élèves de recevoir une meilleure information sur la filière qu'ils visent, les études supérieures qui en découlent et la nature des débouchés professionnels.rééquilibrer les effectifsLe dernier point fort de cette réforme s'attaque au rééquilibrage des effectifs entre les filières S (scientifique), ES (économique et social) et L (littéraire). La filière littéraire souffre en effet d'un désengagement massif des élèves, souvent convaincus par leurs enseignants comme par leurs parents que celle-ci serait la dernière roue du carrosse universitaire. Afin de contrecarrer cette tendance, la réforme cherche à rendre cette filière plus attractive, notamment en communiquant sur les possibilités auxquelles elle donne accès après les études. Parallèlement, par un double mouvement de ciseaux, les conditions d'admission en filière scientifique seront durcies.

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