La Bourse de Tunis s'effondre dans le sillage des émeutes

La Bourse de Tunisie aura mis du temps à régir au chaos politique et social qui règne actuellement dans le pays. Alors que les manifestations ont démarré à la mi-décembre, les indices eux, n'ont réellement commencé à chuter qu'à partir du 10 janvier. Mais depuis cette date, c'est l'effondrement : le recul s'inscrit déjà à 13 % en l'espace de quatre séances. « À l'échelle de cette place, la volatilité actuelle est colossale ». souligne un gérant. « C'est d'autant plus flagrant que ce marché avait su rester sur une tendance haussière depuis 2003 et qu'il est extrêmement bien valorisé », ajoute-t-il.Banques à rude épreuveCette fois, cependant, aucun secteur d'activité n'est réellement épargné. Les banques qui constituent la moitié environ de la cote, sont mises à rude épreuve. La Banque de Tunisie, deuxième valorisation du secteur avec 14 % du poids de la cote a chuté de plus de 4,4 %. La Banque internationale Arabe de Tunisie, a connu le même sort. Dans d'autres activités, Poulina, une société agricole, a perdu également plus de 4 %, tandis que les groupes de boissons, Société Frigorifique et Brasserie de Tunis, plongeaient de 11 %. Dans ce contexte, certains parient déjà sur un éventuel ajournement de l'introduction en Bourse de Telecom Tunisia. L'opérateur envisage de lever 500 millions de dinars (environ 350 millions de dollars) le mois prochain, par le biais d'une double cotation à Tunis et à Paris. La violence qui frappe actuellement le pays reflète également un climat des affaires souvent décrit comme étant malsain. «La corruption a atteint des proportions extrêmes ces derniers temps, confie un spécialiste de la région, «certains hommes d'affaires n'avancent même plus masqués pour faire des transactions douteuses». La collusion entre le politique et les affaires s'affichent dans bien des dossiers. «Il n'y a pas de « deals » importants qui n'aient pas impliqué la famille ou les proches du président Ben Ali », poursuit cet expert qui cite entre autres le cas de la cession par Orascom d'une partie du capital de Tunisiana, le deuxième opérateur de téléphonie mobile, dans laquelle a été partie prenante la belle-famille de Ben Ali. Marjorie Bertouille

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