Astrium et le Cnes se déchirent sur l'avenir d'Arianespace

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Un coup pour rien. Le conseil d'administration d'Arianespace n'a pas pu vendredi, comme prévu, clôturer les comptes 2009 de la société de commercialisation des lanceurs européens. Il doit à nouveau se réunir le 26 mars, selon nos informations. Pour quelles raisons les actionnaires, dont le plus important le Cnes (32,53 %), sont convenus de repousser la validation des comptes ? Parce qu'Arianespace et Astrium, actionnaire (28,59 %) et fournisseur de la société présidée par Jean-Yves Le Gall, se déchirent sur l'interprétation d'une clause d'un contrat sur la fourniture de 30 lanceurs Ariane 5 (dit « lot PA »), signé en mai 2004. L'enjeu financier porte sur une ristourne de 93 millions d'euros, qu'Arianespace réclame à la filiale spatiale d'EADS, Astrium, qui ne veut pas payer (« La Tribune » du 15 février).compromis en vueLes deux groupes n'ont pu se mettre d'accord ni avant le conseil d'administration, ni pendant, sur un différend qui s'est politisé, en raison de la volonté du Cnes de pousser vers la sortie les industriels (notamment Astrium et Safran) du capital d'Arianespace. « Actionnaires et fournisseurs, ce n'est pas compatible », résume ainsi un bon observateur des affaires spatiales. Du coup, une interruption de séance a été demandée, le conseil devant reprendre le 26 mars, dans deux semaines. Pour autant, Arianespace, sous la menace d'une recapitalisation en raison du manque à gagner de 93 millions d'euros, et Astrium sont convenus de ne pas porter leur différend financier devant un arbitrage. Et l'on s'acheminerait vers un règlement à l'amiable avec un compromis, chacun prenant à sa charge une partie de l'ardoise. Deux semaines ne seront donc pas de trop pour négocier l'accord sous l'oeil vigilant du Cnes ainsi que des petits actionnaires furieux contre Astrium, pour qu'il puisse être validé le 26 mars par le conseil d'Arianespace. Ainsi, le spectre d'une augmentation de capital s'éloignerait, à la condition d'un accord.Le 26 mars marquera-t-il également le grand soir de la recomposition de la filière spatiale française mais aussi européenne à travers Arianespace ? Pas sûr. Car « il est fort possible qu'il y ait une vacance du pouvoir politique dans les affaires spatiales après les élections régionales », explique-t-on à « La Tribune ». De plus, si effectivement le Cnes cherche à pousser dehors les industriels, ces derniers ne semblent pas prêts à renoncer à siéger au conseil d'Arianespace au profit des agences spatiales allemande et italienne, notamment. C'est pourtant le voeu du président du Cnes Yannick d'Escatha, pour qui le différend financier entre Arianespace et Astrium a été, semble-t-il, la goutte qui a fait déborder le vase. Mais sans feu vert politique, pas de grand soir.serpent de merCe dossier, qui reste l'un des serpents de mer de la filière spatiale européenne, pourrait aussi peut-être rebondir à la fin de l'année à la faveur d'un conseil ministériel restreint de l'Agence spatiale européenne (ESA). Michel CabirolInfographie2cols 60mm

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