« À l'avenir, la taille des banques sera un handicap »

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Karel Lannoo, directeur général du CEPS*Où en est-on de l'assainissement des bilans des banques européennes ?Nous voyons une progression. Le total du bilan de l'industrie bancaire européenne a fondu de 3.500 milliards d'euros entre fin 2008 et fin 2009. Mais cela reste fragile, surtout pour les grandes banques. Le ratio fonds propres et réserves/passif était de 5,5 % en moyenne fin 2009. En fait, nous assistons à un changement de paradigme. A l'avenir, la taille sera un handicap car, avec les nouvelles règles, plus les banques seront grandes, plus elles devront disposer de capital.Justement, les banques arguent que les nouvelles exigences en capital vont les empêcher de financer l'économie...C'est du chantage. Au lieu d'achever l'assainissement de leurs bilans, elles tentent de remettre les réformes à plus tard. Cette attitude collective crée une incertitude dans le marché, qui elle-même leur coûte très cher. Les banques sont prises à leur propre piège. Leur erreur leur a éclaté au visage avec la crise de la dette souveraine. Un choc réglementaire, comme en Suisse, où les autorités ont imposé le ratio de levier fin 2008, aurait été préférable. La publication des « stress tests » de 91 banques n'est-elle pas de nature à rétablir la confiance des marchés ?C'est une bonne nouvelle mais je doute que cette publication soit réellement coordonnée. On ne s'est pas donné le temps d'harmoniser les définitions du capital, des réserves, des prêts sous-performants.Propos recueillis par Y.-A. N.* Centre for European Policy Studies

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