Croissance : trois soutiens pour une petite reprise... fin 2013

C\'est un « indicateur prometteur » a déclaré, depuis Berlin, Jean-Marc Ayrault, à propos de la légère croissance enregistrée au troisième trimestre (+0,2%), annoncée par l\'Insee ce jeudi matin. Il aurait eu tort de se priver d\'un tel satisfecit, même si ce chiffre équivaut en fait, compte tenu des incertitudes statistiques, à la stagnation que connaît l\'économie française depuis le deuxième trimestre de 2011. Que n\'aurait-il pas entendu, en effet, si le chiffre avait été négatif, même de très peu. Le ministre de l\'Economie, Pierre Moscovici, en a rajouté une couche, en déclarant que l\'économie française est « solide » et que ce chiffre « vient démentir les craintes de récession ». A l\'entendre, ce troisième trimestre 2012 « conforte » la prévision du gouvernement pour 2013 (+0,8% pour le PIB).Il risque d\'être démenti au cours des prochains mois. Car nul ne s\'attend à une sortie rapide de la stagnation pour l\'économie française, alors que la zone euro considérée dans son ensemble se trouve en récession. Le chômage va continuer de flamber, risquant de faire chuter la consommation, qui s\'est relativement bien tenue au troisième trimestre (+0,3%). Et les perspectives de production affichées par les industriels sont au plus bas. Bref, les conjoncturistes hésitent entre stagnation et récession, pour les prochains trimestres.1- Du mieux pour le commerce mondial au second semestre 2013Le rebond, s\'il vient, les économistes ne le voient pas avant l\'été 2013. Et son impact positif sur les chiffres de la croissance ne se lira qu\'en 2014.Trois facteurs pourraient  contribuer à ce semblant de redémarrage.D\'abord, le retour à une certaine croissance du commerce mondial, que les conjoncturistes attendent pour le second semestre 2013, sera déterminant « Aujourd\'hui, on se situe à un point bas » estime l\'économiste Jean-Christophe Caffet (Natixis). Mais « ça frétille, certains indicateurs, comme le Baltic Dry index (qui reflète le prix du fret pour les cargos) commencent à bouger ». Evidemment, cette amélioration de l\'environnement international, tiendra une part due à la reprise américaine, mais aussi à l\'amélioration, relative, de la situation des pays émergents. Elle représentera un soutien pour les pays européens les plus performants à l\'exportation, dont l\'Allemagne.2- Un peu plus de souplesse dans la gestion budgétaireEnsuite, deuxième facteur, la pression budgétaire est en passe de se relâcher en Europe: les pays du sud de la zone euro pourraient échapper à de nouveaux plans d\'austérité, une prise de conscience ayant lieu sur les effets de la rigueur à tout va, destinée à atteindre des objectifs de baisse du déficit public qui sont sans cesse repoussés : à mesure que les économies s\'enfoncent dans la récession, les Etat perdent des recettes fiscales. Même certains économistes de banque... allemande le reconnaissent. « L\'application bête et méchante des objectifs chiffrés n\'a aucun sens », estime le chef économiste de Deutsche Bank, Gilles Moëc. Et d\'ajouter : « la pédagogie du FMI vis-à-vis de l\'Allemagne, de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne\" » contribuent à « préparer le terrain » à une évolution des ces acteurs.François Hollande a évolué, sur ce point. Il réaffirme l\'objectif d\'un déficit public ramené à 3% du PIB l\'an prochain, mais, lors de sa conférence de presse, mardi, il s\'est bien gardé d\'ajouter que ce serait le cas coûte que coûte. Et d\'ajouter qu\'il attendait de la « souplesse » de la part des européens. Si le chef de l\'Etat a bien en tête le refus d\'ajouter de nouvelles mesures de rigueur courant 2013, et l\'idée de décaler à 2014 le respect des 3% de déficit, Paris ne peut pas prendre l\'initiative d\'une telle révision des objectifs. Décryptage d\'un haut responsable international, cité par l\'AFP: « Il faut que le réexamen (de la trajectoire vers l\'équilibre budgétaire) soit mené au niveau de la zone euro plutôt que par un pays seul. Si un pays seul sort la tête du parapet, boum! les marchés lui tombent dessus. » François Hollande l\'admet : « C\'est entre Européens que nous devons nous poser ces questions-là, à quel rythme aller », a-t-il déclaré. « La jurisprudence portugaise va s\'imposer un peu à tout le monde », prédit Gilles Moëc, qui rappelle que Lisbonne continue à bénéficier de l\'aide internationale après avoir obtenu un assouplissement des délais pour réduire ses déficits. « Mais il ne faut pas que ce soit le début d\'un dérapage généralisé », met-il en garde, défendant un traitement au cas par cas. En tout état de cause, le refus d\'ajouter de l\'austérité à l\'austérité, que finiraient par accepter la commission européenne et la BCE, donnera un ballon d\'oxygène à la zone euro, en 2013.3- Le soutien du plan compétitivitéTroisième facteur, enfin, de redémarrage, qui est, pour le coup, d\'ordre interne : le plan compétitivité devrait contribuer au maintien de l\'emploi, et à l\'embauche, dès lors que l\'activité économique donnera des signes positifs. « Avec le crédit d\'impôt tel qu\'il est conçu, jouant à partir du niveau du smic, c\'est plus un plan emploi qu\'un dispositif de soutien à l\'industrie » estime Patrick Artus (Natixis). «Si l\'on voulait cibler l\'industrie, il aurait fallu concentrer cette baisse des charges sur les salaires supérieurs à 1,6 fois le smic ». Un plan qui ne vise pas un secteur particulier, donc, mais qui contribuera effectivement à l\'emploi. Selon le bureau d\'études Oxford Economics, l\'allègement de 20 milliards d\'euros du coût du travail devrait, d\'ici deux ans, devrait faire croître le PIB de 0,4 point, et surtout contribuer à diminuer le chômage de 350.000.Un chiffrage encore plus optimiste que celui du gouvernement, qui table sur 300.000 emplois supplémentaires. En tout état de cause, personne ne s\'attend à un franc rebond de la croissance en 2013. Mais les efforts en faveur de la compétitivé permettront à l\'économie de française de profiter du mieux qui se dessine.     

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