La fermeture des tunnels vers l'Egypte menace Gaza d'une crise financière

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La fermeture de quelque 400 tunnels de contrebande reliant l\'Egypte à la bande de Gaza tourne à la catastrophe économique. Ce moyen original de briser le blocus imposé par Israël depuis 2006 autour de cette région est devenu au fil des ans une affaire florissante aussi bien pour les habitants que pour les caisses des islamistes du Hamas qui contrôlent cette région. Mais depuis deux semaines, tout est bloqué. Fermetures des tunnelsL\'armée égyptienne a fermé les tunnels à la suite d\'un attentat commis le 5 août par un commando d\'islamistes extrémistes qui ont tué 16 garde frontières égyptiens dans le Sinaï près de la bande de Gaza. Ils ont tenté ensuite de pénétrer en force en territoire israélien avant d\'être neutralisés. Le Hamas a lui aussi fermé les tunnels à l\'autre bout dans la bande de Gaza pour assurer l\'Egypte que des « terroristes » en fuite ne viendraient pas se réfugier dans cette région.Crise financièreMais la paralysie de cet extraordinaire réseau de tunnels passant sous une ligne frontière de 14 km de long a provoqué une véritable crise financière et sociale. Environ 60.000 Palestiniens vivent des tunnels. Leur salaire quotidien varie de 20 à 25 Euros pour un travail qui peut être très dangereux. L\'an dernier 160 d\'entre eux sont morts à la suite d\'effondrements accidentels ou d\'attaques de l\'aviation israélienne. Mais les habitants de la bande de Gaza, une région déshéritée où la densité de population est une des plus élevée au monde, n\'ont pas le choix. Le manque à gagner pour les quatre clans qui contrôlent la majorité des tunnels est également énorme. Ils bénéficiaient d\'une rente de situation avec un retour sur investissement exceptionnel. Creuser un tunnel revient à environ 25.000 Euros pour un chiffre d\'affaires qui peut ensuite atteindre en moyenne 120.000 Euros par jour. Tout a un prix pour passer dans les tunnelsTout passe en effet. Pour une personne, par exemple, le prix d\'un passage revient à une d\'Euros. Pour une voiture neuve, il faut compter 400 Euros. L\'an dernier ce sont pas moins de 13.000 véhicules qui ont ainsi été importés sous terre. Le trafic porte également sur les matériaux de construction, tel que le ciment, mais aussi sur les produits alimentaires, des vêtements, des médicaments, des appareils électro-ménagers.Revenus fiscauxPour superviser toute lucrative activité, un contrôleur du Hamas est présent à la sortie de chaque tunnel afin de vérifier que des produits interdits tel que l\'alcool, Islam oblige, ne soient pas importés. Il procède également à la pesée et au relevé méthodique de toutes les marchandises afin de pouvoir ensuite calculer les impôts qui seront prélevés. Selon les estimations de l\'ONU à Gaza, ces « taxes douanières » représentent de 10 à 15% du budget total du gouvernement du Hamas. L\'enjeu est tel que les islamistes, ainsi que les représentants des grands propriétaires, ont mis sur pied une « commission paritaire » des tunnels chargée notamment d\'accorder ou non les autorisations pour creuser de nouveaux ouvrages. Israël, qui a imposé un blocus terrestre et maritime accuse pour sa part le mouvement islamiste d\'utiliser certains des tunnels pour passer en fraude des armes provenant notamment d\'Egypte, ou de stocks de matériels militaires pillés en Libye, ainsi que des combattants.  

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