Proposition de loi antitrust dans les médias

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la France est le seul pays d'europe avec l'italie où les médias appartiennent à des industriels.concentrationLe Sénat examine cet après-midi ? avant l'Assemblée jeudi ? une proposition de loi déposée par le Parti socialiste s'opposant à la concentration dans les médias. Cette loi interdirait tout investissement dans les médias à un groupe dont les revenus proviennent « significativement » de commandes publiques. Le PS déplore « la mainmise » d'industriels du BTP ou de l'armement sur de nombreux médias : « une situation totalement inexistante dans les autres pays européens, à l'exception de l'Italie, et qui serait inacceptable dans les pays anglo-saxons ».Mais en pratique, cette loi aurait une portée assez limitée. Si un groupe comme Bouygues (dont 22 % du chiffre d'affaires provient de marchés publics français, mais moins de 5 % avec l'état) rentrerait dans son périmètre, en revanche Bolloréeacute; ou LVMH ne seraient pas concernés, car ils ne bénéficient pas de commandes publiques. Surtout, la Constitution empêchant une loi d'être rétroactive, ce texte ne s'appliquerait que lors d'un rachat à venir, et, pour les radios et les TV, lorsque le CSA renouvellera une autorisation d'émettre, ou en octroiera une nouvelle.indépendance...La loi ne devrait pas être approuvée par la majorité, qui l'a déjà rejetée en commission. « Le dispositif anticoncentration français est déjà l'un des plus contraignants au monde », a estimé le député UMP Christian Kert. Pour le sénateur UMP Michel Thiollière, « l'indépendance et le pluralisme sont déjà pleinement garantis. Cette proposition est un acte de défiance vis-à-vis des journalistes, car l'indépendance éditoriale est essentiellement l'affaire des rédactions ». Tous deux soulignent que les états généraux de la presse ont jugé inutile de modifier le dispositif anticoncentration. Enfin, cette loi « fragiliserait le secteur », qui passerait sous la coupe « de groupes ou de fonds de pension étrangers », ou encore « de grands annonceurs de la grande distribution ou de l'agroalimentaire ».Le sénateur PS David Assouline leur répond : « Nous faire croire que l'on vit dans le monde des Bisounours, c'est nous prendre pour des imbéciles. L'indépendance des rédactions est impossible vu les rapports entre le président de la République et les médias, dont les propriétaires affichent leur amitié pour Nicolas Sarkozy. » J. H.

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